‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 119 sur 199 · I.a fièvre court triste et froide en mes veines · texte numérisé non relu

I.a fièvre court triste et froide en mes veines

A vos désirs cependant j’obéis.

fies bals charmants où h» femmes sont reines.

J’y meurs, hélas! j’ai le mal du pays.

En vain l’élude a poli mon langage;

Vos arts en vain ont ébloui mes yeux.

Ah! rendez-moi, rendez-moi mon village.

El ses dimanches si joyeux !

A\('c raison vous méprisez nos veilhts,

Nos vieux ri'cils et nos chants si grossiers.

CHANSONS

De la féerie égalant les merveilles,

Votre Opéra confondrait nos sorciers.

-Au Saint des saints le ciel rendant hommage, De vos concerts doit em|)runter les sons.

.\h! rendez-moi, rendez-moi mon village,

El sa veillée et ses chansons!

Nos toits obscurs, notre église qui croule, ■M’ont à moi-méme inspiré des dédains.

Des monuments j’admire ici la foule;

Surtout ce I/juvre et ses pompeux jardins. Palais magique, on dirait un mirage Que le soleil colore h son coucher.

.\h! rendez-moi, rendez-moi mon village.

Et ses chaumes et son clocher!

Convertissez le sauvage idolAtre;

Près de mourir, il retourne à ses dieux.

Là-bas, mon chien m’attend auprès de l’àlre;

Ma mère en pleurs repense à nos adieux.

J’ai vu cent fois l’avalanche et l’orage.

L’ours et les loups fondre sur mes brebis.

-Ah! rendez-moi, rendez-moi mon village.

Et la houlette et le pain bis !

Qu’entends-je, 6 ciel ! pour moi remplis d’alarmes : « Pars, dites-vous, demain pars au réveil.

)' C’est l’air natal (|ui séchera les larmes;

Il Va relleiirir à ton premier s<3leil. >'

DK ItKRANriKH. 2^;

Adieu, Paris, doux el brillanl rivaijo.

Où l’étranger reste comme encliainé.

Ah! je revois, je revois mon village.

Et la montagne où je suis né.

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