‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 137 sur 199 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

Ain (Toctai'ie.

(>hàteaul)i'ian(l, pourquoi fuir ta patrie,

Fuir son amour, notre encens et nos soins? N’entends-tu pas la France qui s’écrie :

Mon beau ciel pleure une étoile de moins?

Où donc est-il? se dit la tendre mèrc.

Battu des vents que Dieu seul fait changer, Pauvre aujourd’hui comme le vieil Homèi-c, Il frappe, hélas! au seuil de l’étranger.

Proscrit jadis, la naissante Amérique Nous le rendit après nos longs discords. Biche de gloire, et Colomb poétique.

D’un nouveau monde étalant les trésois.

Iæ pèlerin de Grèce et d’Ionie,

Chantant plus tard le cirque et l’Alhambra, Nous revit tous dévots à son génie.

Devant le Dieu que sa voix célébra.

CHANSONS

I)c son pays, qui lui doit tant de lyres, Lorsque la sienne en pleurant s'exila.

Il s’enquérait aux débris des empires Si des Français n’avaient point passé là.

C’était l’époque où, fécondant l’histoire,

La grande épée, effroi des nations.

Resplendissante au soleil de la gloire.

En fit sur nous rejaillir les rayons.

Ta voix résonne, et soudain ma jeunesse Brille à tes chants d’une noble rougeur **. J’offre aujourd’hui, pour prix de mon ivresse. Un peu d’eau pure au pauvre voyageur.

Châteauhriand, pourquoi fuir ta patrie.

Fuir son amour, notre encens et nos soins'' N’entends-tu pas la France qui s’écrie :

Mon beau ciel pleure une étoile de moins?

Des anciens rois quand revint la famille ,

Lui, de leur sceptre appui religieux.

Crut aux Bourbons faire adopter pour tille La Liberté qui se passe d’aïeux.

Son éloquence à ces rois fit l’aumône : Prodigue fée , en ses enchantements ,

Plus elle voit de rouille à leur vieux trône , Plus elle y sème et (leuis et diamants.

Mais de nos droits il gardait la mémoire.

Les insensés dirent : Le ciel est beau.

Chassons cet homme, et souillons sur sa gloire, Comme au grand jour on éteint un flambeau .

Et tu voudrais t’attacher à leur chute!

Connais donc mieux leur folle vanité.

An rang des maux qu'au ciel même elle impute. Leur cœur ingrat met ta fidélité.

Va; sers le peuple en butte à leurs bravades.

Ce peuple humain, des grands talents épris.

Qui t’emportait, vainqueur aux barricades, Comme un trophée, entre ses bras meurtris.

Ne sers que lui. Pour lui ma voix te somme D’un prompt retour après un triste adieu.

Sa cause est sainte : il souffre, et tout grand homme Auprès du peuple est l’envoyé de Dieu.

Châteaubriand , pourquoi fuir ta patrie.

Fuir son amour, notre encens et nos soins? N’entends-tu pas la France qui s’écrie :

Mon beau ciel pleure une étoile de moins?

CHANSONS

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