I.a rue, hélas! fut ma nourrice
Vieux vasiabond, mourons où je suis né.
■Aux artisans, dans mon jeune âge.
J’ai dit : Qu’on m’enstugne un métier.
Va, nous n’avons pas trop d’ouvrage, Képondaient-ils, va mendier.
Riches, qui me disiez : Travaille,
J’eus bien des os de vos repas;
J’ai bien dormi sur votre paille.
Vieux vagabond, je ne vous maudis j>as.
J’aurais pu voler, moi, pauvre homme; Mais non : mieux vaut tendre la main.
.Au plus, j’ai dérobé la pomme Qui mûrit au Ixjrd du chemin.
Vingt fois pourtant on me verrouille Dans les cachots, de par le roi.
De mon seul bien on me dépouille.
Vieux vagabond, le soleil est à moi.
l.e pauvre a-t-il une patrie?
Que me font vos vins et vos blés,
A'otre gloire et votre industrie.
Kl vos orateurs assemblés?
1)K KKRANOKH.
Dans vos mufs ouverts à ses armes,
Lors<juc l’étranger s’engraissait,
Coinnie un sot j’ai versé des larmes.
Vieux, vagabond, sa main me nourrissait.
Comme un insecte fait pour nuire.
Hommes, que ne m’écrasiez- vous?
Ah! plutôt vous deviez m’instruire A travailler au bien de tous.
Mis à l’abri du vent contraire,
Ixi ver fût devenu fourmi ;
Je vous aurais chéris en frère.
Vieux vagabond, je meurs votre ennemi.
COUPLETS
A DES IIARITANTS DR l/lLE- DR > KRASCK (iLE MAURMR). gu, LORS DE L’ENVOÏ Qlî'lLS KIllBNT IKUR LA SOISCRIFTH»’ DES BLESSÉS DE JUILLET,
m’adressèrent une LIIANSO.N ET UNE BALLE DE CAFÉ.
Ain : Tendres échos, errnnfs dans ces vallons.
Quoi! vos échos redisent nos chansons!
Bons Mauriciens, ils sont Français encore!
A travers flots, tempêtes et moussons,
Ixîur voix m(! vient d’où vient pour notis l’aurore.
CllA^■SO^S
De tant d’échos résonnant jusqu’à nous,
Les plus lointains nous semblent les plus doux.
Mes chants joyeux de jeunesse et d’amour Ont donc aussi fait un si long voyage.
Loin de vos bords leur bruit vole à son tour.
Et me revient quand je suis vieux et sage.
De tant d’échos résonnant jusqu’à nous.
Les plus lointains nous semblent les plus doux.
On m’a conté qu’au bord du Gange assis.
Des exilés, gais enfants de la Seine,
A m(‘s chansons, là, la'rçaicnt leurs soucis. Ou’ainsi ma muse endorme votre peine!
De tant d’échos résonnant jusqu’à nous.
Les plus lointains nous semblent les plus doux.
Si mes chansons vont encor voyager, .Accueillez-les, ces folles hirondelles,
Comme un Imn fils reçoit le messager Qui, d’une mère, apporte des nouvelles.
De tant d’échos résonnant jusqu’à nous.
Les plus lointains nous semblent les plus doux.
Vous-même aussi célébrez vos amours.
Dieu permettra que nos voix se confondent; Mais en français, frères, chantez toujours.
Pour que toujours nos échos se ré|)ondenl.
De tant d'échos n'sonnant jiis<ju’à nous.
Les plus lointains nous semblent les plus doux.
DK BERANGKR.