‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 45 sur 199 · I.F. VIEILLARD · texte numérisé non relu

I.F. VIEILLARD

Te voici dans mon ermitage; Yei’sons-nous d’un vin généreux.

Hélas! mon fils aurait ton Age.

Dieu t’oITre un ami (bis)\ sois heureux

LE VOYAGECR.

Non, il n’est point d’ivtre suprême, Qui seul peuple l’immensité,

Kt cet univei"s n’est lui-méme Qu’une grande inutilité.

LE YIEILLARD.

Vois ma fille, à qui ta détrcssi!

Arrache un soupir douloureux ;

Elle a consolé ma vieillesse.

Dieu t’oITre un ami {bü)', sois heureux

LE VOYAGECR.

Dans cette nuit profonde et triste Cl! Dieu vient-il guider nos pas?

Eh! qu’inqiorte enfin qu’il existe.

Si pour lui nous n’existons pas?

LE VIEILLARD

Voici ta couche et ta demeure ; Chasse tes rêves tenéhreux.

^ », rnmtMm A

DK BEHANüKK.

Tiens-moi lieu du lils que je pleure.

Dieu l’offre un ami {Inni; sois lieureux.

I^’étranger reste; il plaît, il aime,

El de fleurs bientôt couronné,

É|M)ux et père, il va lui-méme l)ir(! à plus d’un inlorluné ;

« Le sort est injuste sans doute.

Mais n’est pas toujoui's rigoureux.

Dieu (]ui m’a placé sur la ix)ule,

Dieu l’offre un ami (his); sois lanireux. »

OCT.VV lE.

AlH tics ConKHlifHs.

Viens parmi nous, i|ui brillons de jeunesse. Prendre* un amant, mais couronné de fleurs; Viens sous l’ombrage*, oii, libre; avec ivresse;, l.a Volupté seule a verse; dos pleurs.

Ainsi parlaient eles enfants ele l’empire A la l)eaulé elonl Tibère e*sl charmé.

Quoi! disaient-ils, la colomix; süu|)ire Au nid sanglant du vautour atl'amé!

Belle Oclavie! à tes fêtes splendides,

Dis-nous, la joie a-t-elle jamais lui?

Ton cliar, traîné |>ar six coui-siers rapides, laisse trop loin les Amours après lui.

Sur un vieux maître, aux Romains qu’elle outraiio. Tant d’opulence annonce ton ciédit ;

Mais sous la pourpre on sent ton esclavage ;

Kt, tu le sais, l’esclavage enlaidit.

^îarclie aux accords des lyres parasites;

Que par les grands tes vœux soient épiés.

Déjà, dit-on, nos prêtres hypocrites

Ont de leurs dieux mis l'encens à tes pieds.

.Mais à la cour lis sur tous les visagiis.

Traîtres, flatteuis, meurtriers, vils faquins. D’impurs ruisseaux, gonflés par nos orages.

Font délx)rder cet égout des Tarcpiins.

Tendre Octavie, ici rien n’elTarouche Le dieu qui cède à qui mieux le ressent.

Ne livre plus les roscîs de ta bouclie

.Aux baisci's morts d’un fantôme impuissant.

Viens parmi nous, qui brillons de jeunesse. Prendre un amant, mais couronné do fleurs; A'icns sous l’oinbrage, oii, libre avec ivresse,

La Volupté seule a veisié des pleurs.

.Vccoui’s ici purilier tes charmes ; lœs délateurs respectent nos loisirs.

Tous à leur prince ont prédit que nos armes Se rouilleraient à l’ombre des plaisii-s.

Sur les coussins où la douleur l’encliaîne,

Quel mal, dis-tu, vous fait ce roi des rois? Vois-le d’un masque enjoliver sa haine,- Pour étouffer notre gloire et nos lois.

Vois ce cæur faux, que cherchent les carc'sses. De tous les siens n’aimer que ses aïeux ; (Charger dt; fers les mus(‘s vengeresses,

El par ses mœurs nous révéler ses dieux.

Peins-nous ses feux, qu’en secret tu redoutes. Quand sur ton sein il cuve son nectar.

Ses feux infects dont s’indignent les voûtes Où plane encor l’aigle du grand (’csar.

Ton sexe faible est oublieux des crimes ;

Mais dans ces murs ouverts à tant de pleurs. N’entends-tu pas des ombres de victimes .Mêler leurs cris à tes soupirs trompeurs?

Sur le tyran et sur toi le ciel gronde :

.\vec les siens ne confonds plus tes jours.

.\h! trop souvent la liberté du monde -V d’un long deuil aflligc les Amours.

Viens parmi nous, qui brillons de jeunesse. Prendre un amant, mais couronné de Heurs; Viens sous l’ombrage, où, libre avec ivresse, l.a Voliq)lé stnde a vei’St'î des |)leurs.

CHANSONS

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