‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 56 sur 199 · CHANT DE VICTOIRE DES OTTOMANS · texte numérisé non relu

CHANT DE VICTOIRE DES OTTOMANS

Air : A soixante am H ne faut pas remettre.

Nous triomphons! Allah! gloire au prophète! Sur ce rocher plantons nos étendards.

S<'s défenseurs, illustrant leur défaite.

En vain sur eux font crouler ses remparts.

• Voir los à fin iJn volume.

DK BKRA.NGKR. 123

Nous triomphons, et le sabre terrible Va de la Croix |)iinir les attentats.

Exterminons une race invincible :

Ix's rois chrétiens ne la vengeront pas.

N’as-lu, Chios, pu sauver un seul être Qui vînt ici raconter tous tes maux ’?

Psara tremblante eiU fléchi sous son maître.

Où sont tes fils, tes palais, tes hameaux?

Ix)rsque la peste en ton île rebelle Sur tant de morts menaçait nos soldats ’,

Tes fils mourants disaient ; N’implorons (|u'elle; I.es rois chrétiens ne nous vengeront pas.

.Mais do Chios recommencent les fêtes;

Psara succombe, et voilà ses soutiens!

Dans le sérail comptez combien de télés Vont saluer les envoyés chrétiens.

Pillons ces murs! de l’or! du vin! des femmes! Vierges, l’outrage ajoute à vos appas.

Le glaive après purifîra vos âmes :

Les rois chrétiens ne vous vengeront pas.

L’Europe esclave a dit dans sa pensée ;

Qu’un peuple libre apparaisse! et soudain...

Paix! ont crié d’une voix courroucée I.es chefs que Dieu lui donne en son dédain. Byron offrait un dangereux exemple;

On les a vus sourire à son trépas.

Du Christ lui-méme allons souiller le temple : l3's rois chréfiens ne le vetigeroni pas.

CHA>SOMS

A noire rage ainsi rien ne s'oppose :

Psara n’est plus, Dieu vient de l’ellacer.

Sur ses débris le vainqueur qui re|X)se Ri've le sang qu’il lui reste à verser.

Qu’un jour Stamboul * contemple avec ivresse; Les derniers Grecs suspendus à nos inAts!

Dans s<jn tombeau faisons rentrer la Grè'ce : les rois chrétiens ne la vengeront pas.

Ainsi chantait cette horde sauvage.

Les (irecs! s’écrie un barbare effrayé.

La llolle liellène a surpris le rivage Ll (h; Psiira tout le sang est payé.

Soyez unis, é Grecs! ou plus d’un Irailit;

Dans le triomphe égarera vos pas.

Les nations vous pleureraient |)cut-étre; les rois chrétiens ne vous vengeraient |>as.

LE VOY.VGE IM.\GINAIRE.

AïK : Muse des ftois et des accords champêtres.

L’.Vulomne accourt, et sur son aile humide .M’apporte encor de nouvelles douleurs.

Toujours souffrant, toujours pauvre et timide, De ma gaîté je vois pâlir les Heurs.

DK BERAINGER.

Arrachcz-moi des fanges de Lutèce;

Sous un beau ciel nies yeux devaienl s’ouvrir. Tout jeune aussi, je rôvais à la Grèce;

C’est là, c’est là que je voudrais mourir.

En vain faut-il qu’on me traduise Homère, Oui, je fus Grec; Pythagore a raison.

Sous Pèricli's j’eus .Athènes pour mère;

Je visitai Socrate en sa prison.

De Phidias j’encensai les merveilles;

De l’Ilissus j’ai vu les liords fleurir.

J’ai sur l’Hymète éveillé les alieillcs;

C’est là, c’est là que je voudrais mourir.

Dieux! qu’un seul jour, éblouissant ma vue, Ce beau soleil me réchaulfe le cœur!

La Liberté, que de loin je salue,

Mc crie : Accours, Thrasybule est vainqueur. Partons! partons! la barque est préfiarée.

Mer, en ton sein garde-moi de périr.

I>aissc ma Muse aborder au Pirée ;

C’est là , c’est là que je voudrais mourir.

Il est bien doux le ciel de l’Italie,

Mais l’esclavage en obscurcit l’azur.

Vogue plus loin, nocher, je t’en supplie; Vogue où là-bas renaît un jour si [)ur.

Quels sont ces flots? quel est ce roc sauvage? Quel sol brillant à mes yeux vient s’offrir?

La tyrannie expire sur la plage ;

('/est là, c’est là (|ue je voudrais mourir.

CHANSONS

Daif^ncz au |türl accueillir uii barbar(>, Viergc's d’Alhène; eiicouraijez ma voix.

Pour vos climats je quitte un ciel avare üii le génie est l’esclave dos rois.

Sauvez ma lyre, elle est persécuter;

Et, si mes chants pouvaient vous attendrir, .Mêlez ma cendre aux cendres de TyrtiH' : Sous ce beau ciel je suis venu mourir.

L’IN-OCT.VVO

ET

L’IN-TRENTE-DEIX.

Celle chimsua a etc fuilc pour servir de Préface a t^dilioa in-8« de 18^8.

Air du Carnaval.

Quoi, mes couplets, eiu'ore une sottise! Osez-vous bien pai'aitrc in-octa\o?

Juge, criti(pie, et docteur do l’Église, Vont après vous s’acharner de nouveau.

L’in-trente-deux trompait l’œil du myope, .Mais vos défauts vont être tous sentis ; C’est le ciron vu dans un microscope.

Mieux vous allait de re-ster tout petits. Petits, petits, oui, petits, tout ])etits.

DE DÉRANGER. t27

<1 Quel trait d’orgueil! dira la Calomnie ;

» Ferait-on plus pour des alexandrins?

» Le chansonnier vise à r.Acadcmie,

» Et veut au Pinde anoblir ses refrains. i>

Viser si haut, malgré celle imposture,

N’est point mon fait, je vous en avertis.

Pour conserver vos lettres de roture.

Mieux vous allait de i-ester tout petits.

Petits, petits, oui, petits, tout petits.

Je vois deux sots rendus à leur province :

« Messieurs, dit l’un, silPons le troubadour;

» Il veut des croix, et, pour l’olfrir au prince, 1) A son recueil a mis l’habit de cour.

» Le Roi, dit l’autre, a daigné lui sourire,

» Aléme a trouvé ses vers assez gentils. » Voyez du Roi ce que vous ferez dire!

■Mieux vous allait de rester tout petits.

Petits, petits, oui, petits, tout petits.

I.’humble format sut plaire à cette clas.s(; Sur qui les arts sèment trop pou de fleurs ; Il se fourrait jus<;|ue dans la Ixisaco De l’indigent dont il séchait les pleurs.

A la guinguette instruisant ces recrues, D’obscurs lauriers j’ai fait large abatis. Pour rencontrer la Gloire au coin des rues, Alieux vous allait de rester tout petits, Petits, petits, oui, petits, tout petits.

CHAINSOKS

Je dois trembler; car, moi qui suis prophète.

Je vois de loin l’oubli fondre sur vous.

De tant d’échos dont la voix vous répète.

L’un meurt, puis l’autre, et puis cent, et puis tous. Déjà mon front sent glisser sa couronne;

Comme les miens vos beaux jours sont partis. Pour disparaître au premier vent d’automne, .Mieux vous allait de rester tout petits.

Petits, petits, oui, petits, tout petits.

COUPLETS

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