‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 69 sur 199 · L.\ GÉRONTOCRATIE · texte numérisé non relu

L.\ GÉRONTOCRATIE

Ain ; .-linjl jadii un (/rond prop/ièle.

J’ai foi dans la sorcellerie.

Or un grand sorcier l’autre soir M’a fait voir de notre patrie Tout l’avenir dans un miroir.

Quelle image désespérante!

Je vois Paris et ses faubourgs :

Nous sommes en dix-neuf cent trente.

Et les barbons régnent toujours.

Un peuple de nains nous remplace; Nos petits-fils sont si petits.

Qu’avec peine dans cette glace.

Sous leurs toits je les vois blottis.

CHANSO^S

Frauce est l'ombre du faiiloiuo De la France de mes beaux jours.

Ce n’est qu’un tout petit royaume; Mais les barlwns régnent toujours.

Combien d’imperceptibles êtres!

De petits jwuites bilieux !

De milliers d’autres petits prêtres Qui portent de petits l)ons dieux !

Béni j)ar eux, tout dégénère;

Par eux la plus vieille des cours N’est plus qu’un petit séminaire;

Mais les barbons régnent toujours.

Tout est petit, palais, usines.

Sciences, commerce, beaux-arts.

De bonnes petites famines IN^olent de petits remparts.

Sur la frontière mal fermtic,

Marche, au bruit de petits tamlwurs, Lue pauvre petite, armée;

Mais les barbons régnent toujours.

Fnfin le miroir prophétique, t!omplétant ce triste avenir,

.Me montre un géant hérétique Qu’un monde a peine à contenir.

Du peuple pygmée il s’approche,

Kl, bravant de petits discours.

Met le royaume dans sa poche ;

.Mais les barbons régnent toujours.

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DK BKRANGKR.

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