A SON EXC. MONSEIGNEUR LE MINISTRE
paie des dommages et intérêts. Si on me battait, je paierais l'amende. On menace maintenant de me brûler. Si cela arrive, je serai condamné à la peine des incendiaires.
Ce n'est pas qu'on me haïsse dans le pays. Je vis seul et n*ai de rapports ni de démêlés avec personne. Tout cela se fait pour faire plaisir à M. le maire et à MM. les juges, à M. le procureur du roi et à M. le préfet, gens que je n'ai jamais vus et dont j'ignore les noms.
Enfin il est notoire dans le département qu'on peut me voler, me courir sus, et chaque jour on use de cette permission. Je suis hors de la loi pour avoir défendu avec succès des gens qu'on voulait faire pçrir, il y a deux ou trois ans. Voilà, disent quelques-uns, le vrai motif du mal qu'on ,. me fait à présent.
Je supplie Votre Excellence d'ordonner que tous ceux qui me pillent, ou m'ont pillé., soient également poursuivis , et qu'on me laisse en i;epos à l'avenir. C'est malgré moi que j'ai recours à l'autorité quand les lois devraient me protéger. Mais la chose presse, et je crains que mes bois ne soient bientôt brûlés.
Je suis avec respect. Monseigneur,
de Votre Excellence , Le très-humble et très-obéissant serviteur.
Paris , ie 3o mars 181 7.