‹ Œuvres complètes de P.-L. CourierChapitre 132 sur 203 · LETTRE DE M. CLAVIER · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. CLAVIER

Parif, le 3 septemlire 1809.

Nous ^ ous avons écrit quatre fois , mon cher

Courier, et n'avons pas eu de réponse. Heureusement qu'Alexandre Basili, de Vienne, a écrit à M. Coraï , et lui a mandé que vous aviez quitté l'armée. Dites-nous donc comment il se fait qu'après avoir été si empressé de reprendre du service, après avoir même xm peu rêvé ambition , vous l'ayez quitté de nouveau si brusquement : je crains bien que vous n'ayez fait encore quelque coup de tète.

Vous ne me demandez pas de nouvelles de votre Xénophon, et vous avez raison; car j'ai honte de vous dire que le texte grec n'est pas encore fini d'imprimer. Stone , avec beaucoup de bonne volonté, a très-peu de caractères grecs, et n'a point de compositeur pour cette langue ; c'est donc son prote, homme très-intelligent, qui compose lui-même; et comme il a d'autres occupations , cela ne va pas vite.

Vous voilà donc entièrement libre et parcourant la belle Italie : si , en visitant les bibliothèques, vous trouvez quelque manuscrit de Pausanias qui vaille la peine d'être collationné , je vous prie de m'en donner avis. Je vous enverrai la liste des principales lacunes qui se trouvent dans cet auteur, et les manuscrits qui auront les mêmes ne méritent guère d'être collationnés, puisqu'ils seront sans doute semblables à ceux que j'ai ici. Je me suis remis à ce travail , quoique je ne prévoie guère quand je pourrai finir. J'y fais tous les jours de nouvelles corrections; mais malheureusement il y a beaucoup plus de lacunes qu'on ne croit , et ce n'est que par le secours des manuscrits qu'on peut les remplir. J'ai vu à Paris un Grec qui a demeuré longtemps à Florence, et qui m'a dit y avoir vu , je crois dans la bibliothèque Victorienne , un manuscrit de Pausanias du neuvième siècle, plus ancien , par conséquent, que tous ceux que nous connaissons; comme vous y passerez sans doute , veuillez vous en informer...

A M. CLAVIER '

Milan, le I6 octobre isu9.

Vite , Monsieur, en^ oyez-moi vos commissiour» grecques. Je serai à Florence un mois ; à Rome

' Celte lettre est imprimée dans la lettre à M. Renouariî. qui précède les Pastorales de Longus, édition I82I

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LETTJŒS INEDITES,

tout l'hiver , et je vous rendrai bon compte de tous les manuscrits de Pausanias. 11 n'y a bouquin en Italie où je ne veuille perdre la vue pour l'amour de vous et du grec. Laissez-moi faire ; je projette une fouille à l'abbaye de Florence, qui nous produira quelque chose. II y avait là du bon pour vous et pour moi dans une centaine de volumes du neuvième et du dixième siècle. Il en reste ce qui n'a pas été vendu par les moines. Peut-être y trouverai-je votre affaire. Avec le Chnriton de Dorville est un Longus que je crois entier, du moins n'y ai-je point vu de lacune quand je l'examinai; mais en vérité il faut être sorcier pour le lire. J'espère pourtant en venir à bout à grand renfort de besicles, comme dit maître François. C'est vraiment dommage que ce petit roman d'une]si jolie invention, qui, traduit dans toutes les langues , plaît à toutes les nations, soit mutilé comme il l'est. Si je pouvais vous l'offrir complet, je croirais mes courses bien employées, et mon nom assez recommandé aux Grecs présents et futurs. lime faut peu de gloire; c'est assez pour moi qu'on sache quelque jour que j'ai partagé vos études , et que j'eus part aussi à votre amitié.

Le succès de votre Archéologie n'ajoute rien à l'idée que j'en avais conçue :

Je ne prends point pour juge un peuple téméraire.

Ce que vous m'en avez lu me parut très-bon , et ce fut dans ces termes que j'en dis ma pensée à madame Clavier d'abord , et depuis à d'autres personnes. Je ne suis point de ces gens qui

Trépignent de joie ou pleurent de tendresse

à la lecture d'un ouvrage : cela est très-bon , fut mon premier mot ; le meilleur éloge est celui dont il n'y a rien à rabattre.

Ce que vous appelez un autre coup de tête est l'action la plus sensée que j'aie faite en ma vie. Je me suis tiré heureusement d'un fort mauvais pas , d'une position détestable , où je me trouvais par ma faute pour m'être sottement figuré que j'avais un ami, ne me souvenant pas que dès le temps d'Aristote il n'y avait plus d'amis : w cpiXs, oux ex' cTffi cptXoi. Celui-là , suivant l'usage , me sacrifiait pour une bagatelle , et me jetait dans un gouffre d'où je ne serais jamais sorti. Comme soldat je ne pouvais me plaindre ; mon sort même faisait des jaloux, et je m'en serais contenté si j'eusse été Parménion; mais mon ambition était d'une espèce particulière, et ne tendait pas à vieillir

Dans les honneurs obscurs de quelque légion.

J'avais des projets dont le succès eût fait mon malheur. La fortune m'a mieux traité que je ne méritais. Maintenant je suis heureux; nul homme vivant ne l'est davantage , et peut-être aucun n'est aussi content ; je n'envie pas même les paysans que j'ai vus dans la Suisse : j'ai sur eux l'avantage de connaître mon bonheur. Ne me venez point dire : Attendons la fin; sauf le respect dû aux anciens , rien n'est plus faux que cette règle : le mal de demain ne m'ôtera jamais le bien d'aujourd'hui. Enfin , si je n'atteins pas le mentem sanam in corporc sano, j'en approche du moins depuis un temps.

Madame de Sévigné est donc aux Rochers ; je veux dire madame Clavier en Bretagne : je vous plains; son absence est pire que celle de toute autre. Présentez-lui , je vous prie , dans votre première lettre , mes très-humbles respects.

J'irais voir madame Dumoret, appuyé de votre recommandation et d'un ancien souvenir qu'elle peut avoir de moi, si j'étais homme à tenir table, à jouer, à prendre enfin un rôle dans ce qu'on appelle société; mais Dieu ne m'a point fait pour cela. Les salons m'ennuient à mourir, et je les hais autant que les antichambres. Bref, je ne veux Voir que des amis; car j'y crois encore en dépit de l'expérience et d'Aristote. Je n'en suis pas moins obligé à votre bonne intention de m'a voir voulu procurer une connaissance agréable.

A M. CLAVIER

Milan, le 21 octobre 1809.

Dans ma dernière lettre je ne vous ai point indiqué d'adresse pour me faire parvenir votre dernier ouvrage , que je suis fort impatient de lire , et de faire lire à ceux qui en sont dignes deçà des monts. Voici maintenant par quelle voie vous pourrez me l'envoyer. M. Bocchiui, rue des Filles Saint-Thomas , n° 20 , est le correspondant de notre ami Lamberti (lequel Lamberti , par parenthèse , vous àdTra^Ei cpiXocppovcoç ; car c'est sur sa table queje vous fais ce5 lignes, et il me charge expressément de vous riverire caramente) .M.. Bocchini se chargera de tout ce que vous voudrez me faire parvenir sous l'adresse de M. Lamberti. Tâchez , je vous en prie , de m'envoyer aussi les volumes de Plutarque de M. Coraï, à mesure qu'ils paraîtront, et de plus l'Eunapius de M. Boissonade. J'ai fort envie d'avoir tout cela : le prix en sera payé chez madame Marchand en présentant cette lettre. — Notez , s'il vous plaît ,

ECRirES DE FRANCE ET D'ITALIE.

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qiie votre dernièi-e lettre, la seule que j'aie reçue, ne me donne point l'adresse de je ne sais quel lianquier correspondant de M. Basili, auquel banquier je dois payer.... Voyez, je vous supplie, mon autre lettre datée de Lucerne, et aidez-moi par charité à payer mes dettes , avec les intérêts , qui courent (notez encore ce point) à je ne sais combien pour cent. Si Dieu n'y met ordre, il faudra que je me cache à la triacade prochaine , comme les enfants de famille faisaient chez vos Athéniens. Je pars dans deux ou trois jours pour Florence, et je vous embrasse. Mes très-humbles respects à madame Clavier, quelque part qu'elle soit : Ep^co.

[ Courier quitta Milan le 27 octobre, et arriva à Florence le 4 novembre. Dès le lendemain, il se rendit à la bibliothèque de San-Lorenzo, pour ■examiner avec soin un manuscrit de Longus, Daphnls et Chloé, qu'il avait vu l'année précédente, ft que faute de temps il n'avait pu que feuilleter. Il le trouva complet, et les jours suivants il en copia la valeur d'environ dix pages du premier livre qu'il savait manquer dans toutes les éditions existantes de cet ouvrage , et même dans tous les manuscrits connus. La copie était terminée, lorsque, par malheur, il fit sur une des pages du morceau inédit une tache d'encre qui couvrait une vingtaine de mots. Pour calmer autant qu'il était en lui le déplaisir que cet accident causa à M. F. del Furia, bibliothécaire, il lui remit le certificat suivant, que l'on montre encore aujourd'hui avec le manuscrit.

« Ce morceau de papier, posé par mégarde dans « le manuscrit pour servir de marque , s'est trouvé « taché d'encre : la faute en est toute à moi , qui « ai fait cette étourderie : en foi de quoi j'ai signé.

» COUEIEK.

n Florence, le 10 novembre I80«. »

[Le surlendemain, M. Renouard, libraire de Paris, <iui se trouvait alors à Florence , et qui s'intéressait à la découverte de ce fragment , comptant le publier lui-même, arriva dans la bibliothèque. Les conservateurs lui présentèrent le manuscrit auquel la feuille souillée d'encre était encore attachée. Il demanda la permission d'essayer de la décoller, et y réussit assez heureusement. Il faut lire la notice de 16 pages qu'il publia à ce sujet au mois de juillet ISIO. ]

LETTRE DE M. AKERBLAD.

Rome , le 25 novembre 1808.

Mon TRÈS-CliEB commandaist,

Nous espérions à chaque instant vous voir arriver à Rome, mais votre retard me persuade \ que vous avez trouvé dans les bibliothèques de ' Florence de quoi vous occuper ; et en effet î M. Landi dans sa dernière lettre me parle d'une : découverte que vous avez faite de quelques mor- ' ceaux inédits de Longus , et d'une entreprise littéraire formée entre vous et M. Renouard ' , sur cette découverte. Voilà ce qui s'appelle bien débuter au moins, et le pauvre Furia doit être furieux de voir un Welche venir pondre dans son nid. Si vous tardez de venir à Rome , faites-moi le plaisir de me dire ce que c'est que cette découverte. Dans Longus, il n'y a qu'une seule lacune, si je me rappelle bien , et de la remplir ne serait pas d'une assez grande importance pour faire penser à une nouvelle édition.

Quand j'ai su que vous étiez rentré dans le tourbillon, je m'attendais de vous revoir général ou au moins colonel , avec une jambe ou un bras de moins, n'importe : jugez combien j'ai dû être I surpris d'apprendre que vous ne serez jamais rien , pas même baron de l'Empire , et que vous étiez revenu en Italie, sain et sauf, à la vérité, mais sans les deux épaulettes à graines d'épinards. Je vous gronderai d'importance quand vous serez ici ; mais venez ; la bibliothèque du Vatican est bien plus riche , et le dragon Gherini ne viendra pas cet hiver : le révérend père Altieri est un bon enfant, qui vous laissera fouiller dans les bouquins tant que vous voudrez.

A M. AKERBLAD,

Florence, le 5 décembre 1809.

Il est vrai, ^iXtov àpia-re, que je ne suis point baron , quoique je vienne d'où on les fait. Je n'étais pas destiné à décrasser ma famille, qui en aurait un peu besoin , soit dit entre nous; il est vrai aussi que je n'allais à l'armée d'Allemagne que pour voir ce que c'était. Je me suis passé cette fantaisie, et je puis dire comme Athalie, fai voulu voir, fai vu. Je suivais un général que j'avais vu longtemps bon homme et mon ami, et que je croyais tel pour toujours ; mais il devint ] comte. Quelle métamorphose! le bon homme

' Libraire de Paris, qui se trouvait à Florence lors de la découverte du fragment de Longus.

LETTRES INÉDITES

aussitôt disparut, et de l'ami plus de nouvelles; ce fut à sa place un protecteur : je ne l'aurais jamais cru , si je n'en eusse été témoin , qu'il y eût tant de différence d'un homme à un comte. Je sus adroitement me soustraire à sa haute protection , et me voilà libre et heureux à peu près , autant qu'on peut l'être.

Que me parlez-vous , je vous prie , d'entreprise littéraire? Dieu me garde d'être jamais entrepreneur de littérature ; je donne mes griffonnages classiques aux libraires qui les impriment à leurs périls et fortunes , et tout ce que j'exige d'eux , c'est de n'y pas mettre mon nom , parce que ,

Je vous l'ai dit et veux bien le redire ,

ma passion n'est point du tout de figurer dans la gazette ; je méprise tout autant la trompette des journalistes que l'oripeau des courtisans. Si j'étais riche , je ferais imprimer les textes grecs pour moi et pour vous, et pour quelques gens comme vous , tuttoper amore. Mais hélas ! je n'ai que de quoi vivre; et pour informer cinq ou six personnes en Europe des trouvailles que je puis faire dans les bouquins d'Italie , il me faut mettre un libraire dans la confidence , et ce libraire fait chiasso pour vendre. Il n'est question, je vous assure, ni d'entreprise ni de début.

Corrigez, s'il vous plaît, ces façons de parler;

je ne débute point, parce que je ne veux jouer aucun rôle. Je ne prends ni ne prendrai jamais masque , patente, ni livrée.

Au lieu de me quereller pour avoir jeté là le harnais, que ne me dites-vous au contraire, comme Diogène à Denis : 3Iéri fais-tu , maraud, cet insigne bonheur de vivre avec nous en honnête homme , et ne devais-tu pas plutôt être condamné toute ta vie aux visites et aux révérences ;

Faire la cour aux grands , et dans leurs antichambres, Le chapeau dans la main, te tenir sur tes membres ' !

Voilà en effet ce qu'eût mérité ma dernière sottise d'être rentré sous le joug ; ce n'est ni humeur ni dépit qui m'a fait

Quitter ce vil métier * ;

je ne pouvais me plaindre de rien , et j'avais assez d'appui, avec ou sans mon comte, pour être sûr de faire à peu près le même chemin que tous mes camarades. Mais mon ambition était d'une espèce particulière; je n'avais pas plus d'envie d'être baron ou général que je n'en ai maintenant

» Régnier, satire iv, vers 29.

* Racine.

de devenir professeur ou membre de l'Institut. La vérité est aussi que comme j'avais fait la campagne de Calabre par amitié pour Reynier, qui me traitait en frère, je me mettais avec cet homme-ci, pour une folie qui semblait devoir aller plus loin , futto per amore. Je vous suivrais de même contre les Russes si on vous faisait maréchal de Suède , et je vous planterais là si vous vous avisiez de prendre avec moi des airs de comte.

On me dit que madame de Humboldt est encore à Rome , et que vous habitez tous deux la même maison. Présentez-lui , je vous prie , mon très-humble respect. M. de Humboldt n'est-il pas à présent en Prusse ? Donnez-moi bientôt de leurs nouvelles et des vôtres.

N'allez pas retourner, avant que je vous voie, dans votre pays , vilain pays d'aimables gens. Je ne sais bonnement pour moi quand je partirai d'ici; mais toujours ce sera pour vous aller joindre. A dire vrai , j'ai cent projets et je n'en ai pas un. Dieu seul sait ce que nous deviendrons. Adieu.

A M. CLAVIER

Florence, le 8 février I8I0.

Vous ne m'écrivez plus, Monsieur; je m'en prends à madame Clavier, et tout en lui présentant mon respect, c'est elle que je querellerai de votre silence. Au fait, quand elle était loin de vous, j'avais de vos nouvelles; depuis son retour, pas une ligne.

Je vous félicite de tout mon cœur sur votre entrée à l'Institut, qui , ce me semble , avait plus besoin de vous que vous de lui. Cela vous était dû depuis longtemps. Mais c'est beaucoup d'obtenir tôt ou tard justice.

Je ne me trompais pas quand je vous marquai, dans ma dernière lettre , que je trouverais ici un Longus complet. Monsieur Renouard, témoin de cette découverte , vous contera comme il m'en a vu copier environ dix pages qui manquent aux iinprimés , plus des phrases par-ci par-là , et des variantes inestimables. Vous verrez tout cela imprimé dans peu , et traduit selon mon petit pouvoir.

Si vous ne voulez ou ne pouvez m'écrire, gardez-moi au moins , je vous prie , un souvenir d'amitié. Je mets aux pieds de madame Clavier mes hommages respectueux.

P. S. C'est Renouard qui se charge de l'impres-

ÉCRITES DE FRANCE ET D'ITALIE

sion du Loiigus. II a , ilit-il, des gens capables de cette besogne. Dieu le veuille! et s'il dit vrai, avril ne se passera point que vous n'en ayez le premier exemplaire.

LETTRE DE M. REXOUARD.

Paris, le 6 février 1810-

Monsieur, vous avez sans doute reçu la lettre que je vous ai écrite il y a quelques jours, et vous aurez vu que j'attends, non sans beaucoup d'impatience , le bienheureux fragment et tout ce qui s'ensuit : j'espère que vous allez m'envoyer bientôt tout cela , et je me repose sur votre activité et votre bonne amitié; mais il est question de bien autre chose. Connaissez-vous le bel article mis par nos honnêtes messieurs ' dans le Corriere Milanese? en voici une copiepour votre édification. Comme ces excellentes personnes n'ont pas été jusqu'à signer leur petit libelle , il me semble que le remède est à côté du mal , et qu'on peut leur ménager un expédient pour chanter la palinodie , sans compromettre leur dignité et leur grande réputation de sincérité et probité. Il suffirait qu'ils voulussent bien ( sur la demande que leur en ferait monsieur le préfet) signer une déclaration , portant que l'article inséré dans le journal est faux dans presque tous les détails , expliquant par quel accident la tache a été faite au manuscrit, et par qui. Je suis persuadé qu'ils ne s'y refuseront pas , et ce sera une affaire terminée. Dans le cas contraire , j'ai tout prêt un factum moitié sérieux , moitié plaisant, dans lequel ces messieurs ne seront pas trop ménagés. Mais je vous avoue que cet expédient ne me plairait guère , et que je ne suis aucunement curieux de ce petit bruit qu'on fait en se querellant

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