‹ Œuvres complètes de Petrus Borel Le Lycanthrope (volume 3)Chapitre 6 sur 44 · GRAVEUR · texte numérisé non relu

GRAVEUR

Sic toculiis est leo,

Phaed.

Il y a quelque chosj de terrible dans l'amour sacré de la patrie.

Saint- Jlst.

Dors, mon bon poignard, dors, vieux compagnon fidèle. Dors, bercé dans ma main, patriote trésor'. Tu dois être bien las? sur loi le sang ruisselle, Et du choc de cent coups ta lame vibre encorl

Je suis content de toi, tu comprends bien mon âme. Tu guettes ses désirs; quand mon bras assassin Te pousse, en l'air traçant une courbe de flamme. Tu vas à la victime et lui cribles le sein.

Dors, mon bon poignard, dors, vieux compagnon fidèle. Dors, bercé dans ma main, patriote trésor! Tu dois être bien las? sur toi le sang ruisselle, Et du choc de cent coups ta lame vibre encor!

Aujourd'hui, ta vengeance est nourrie; une proie A roulé devant toi sur la place... est-ce pas? C'est bonheur de frapper un tyran? et, de joie Crier entre ses os, d'y clouer le trépas!

Dors, mon bon poignard, dors, vieux compagnon fidèle.

Dors! bercé dans ma main, patriote trésor!

Tu dois être bien las? sur toi le sang ruisselle, ,

Et du choc de cent coups ta lame vibre encor!

La mort d'un oppresseur, va, ne peut être un crime : On m'enchaîna petit, grand j'ai rompu mes fers. Le peuple a son réveil; malheur à qui l'opprime! Il mesure sa haine au joug, aux maux soufferts.

Dors, mon bon poignard, dors, vieux compagnon fidèle, Dors, bercé dans ma main, patriote trésor ! Tu dois être bien las? sur toi le sang ruisselle. Et du choc de cent coups ta lame vibre encor!

Tiens! vois-tu ce bonnet penché sur ma crinière? Dans le sang d'un espion trois fois je l'ai jeté : Sa pourpre me sourit; qu'il soit notre bannière! Qu'il soit le casque saint de notre Déilé!

Dors, mon bon poignard, dors, vieux compagnon fidèle. Dors, bercé dans ma main, patriote trésor! Tu dois être bien las? sur toi le sang ruisselle. Et du choc de cent coups ta lame vibre encor !

Suspendue à mon flanc, bien aimée estocade. Toujours tu sonneras... je baise ton acier! El d'opimes joyaux, même dans la décade. Couverte tu seras comme un riche coursier.

Dors, mon bon poignard, dors, vieux compagnon Qdèle, Dors, bercé dans ma main, patriote trésor! Tu dois être bien las? sur toi le sang ruisselle, Et du choc de cent coups ta lame vibre encor!

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