‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 110 sur 174 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

attache , il est promis sans conditions ; et c'est sans craindre pour vos amis que vous êtes libre de me percer ie cœur, en refusant m?i main.

Peut-être avez-vous cru que j'avais quelque fortune, ou qye înon oncle suppléerait....

S4.1NT-ALBAN, vii'ement.

Pardon, si j'interromps encore; je me suis déclaré sur ce point. De tous les biens que vxxus pourriez m'apporter, je ne veux que vous : c'est vous seule que je désire.

Pauline.

Votre générosité. Monsieur ,exqte la mienne; car il y en a, sans doute ^ à vous avouer, ( quand je pourrais^ le tair^ , ) un motif de jeftts , plus humiliant poi^r mpiiqwe 4e ananque de fortune. ..

Votre père m'a tout dit. {Pauline parait extrêmement surprise. ) Je vous admire , et voici ma réponse. Je suis indépendant : l'amour vous destina ma main, la réflexion en confirme le don , si votre cœur est aussi libre que le mien vous est engagé ; mais, sur ce point seulement, j'ose exiger la plus grande franchise.

Pauline.

Vous agissez si noblement^ que le moindre détour serait un crime envers vous : sachez donc mon secret le plus pénible. ( Ils se lèf^ent, Pau' Une soupire, et baisse les yeux.) Toute ma j\eunesse passée avec Mélac ; k même éducation reçue ensemble ; une conformité de principes ; de talents 9 de goûts ^ peut-être d'infortunes....

Saint-Alban péniblement.

Vous l'aimez ?

Pauline.

C'est le dernier aveu que vous devait ma reconnaissance.

Saint-Alban.

A quelle épreuve mettez-vous ma vertu?

Pauline.

J'ai beaucoup compté sur elle^

SAINT- ALBAN, PAULINE, MÉLAC fils parait dans le fond.

Saint-Alban.

Je vois ce que vous espérez de moi.

Pauline, at^ec chaleur.

Je vous dirai tout. Je ne craindrai point de fournir à la vertu des armes contre le malheur. M élac avait mon cœur et ma parole ; mais lorsque mon père nous a fait entendre à quel prix vous mettiez la grâce jdu sien, il a sacrifié toutes ses espérances au salut de son père.

S A I N T- A L B A N lentement.

Avant ce jour.... savait-il votre sort?

Pauline.

Nous rignorions également.

S A I N T - A L B A N très-vwement.

Il ne vous aime pas.

Pauline.

Il mourra de douleur.

Théâtre. I. 23

Sain t-A lb an.

A riostant qu'il apprend le secret de votre naissance^ il tous cède ! il affecte une générosité... Mademoiselle 9 je n'étendrai pas mes réflexions , dans la crainte de vous déplaire ; mais il ne vous aime pas.

Mélac fiîs, ^avance furieux.

Q ciel! je ne Faime p^«f

Saint-Alban froidement.

Monsieur^.... qui vous savait si près ? ' *

MjÉLAC fils.

Je ne Taime pas , dites-vous ?

Saint-Alban.

Je n'ai jamais déguisé ma pensée.

Mélac fils.

Vous m'imputez à crime un sacrifice que vous avez rendu nécessaire?

Saint-Alban froidement.

Le sort de ceux qui écoutent^ est d^entendre rarement leur éloge.

Mélac fils.

M'accuser de ne pas l'aimer !

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