‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 115 sur 174 · SCÈNE XI et dernière · texte numérisé non relu

SCÈNE XI et dernière

SAINT-ALBAN, AURELLY, MÉLAC père, PAULINE, MÉLAC fils, DABINS.

Mélac fils, s^écriant.

Aux pieds de mon père I

Mélac père.

Dabins! vous m'avez trahi !

Dabins, auec joie.

Pouvais-je garder votre secret, en apprenant que Monsieur acquittait votre dette ?

Mélac père.

Il vient à mon secours? {A part.) O vertu! voilà ta récompense. '{A Aurelly.) Ami, quelles sont donc tes ressources ?

Saint-Alban»

Tout le bien de Mademoiselle en dépôt dans ses mains»

M É L A c père.

De notre Pauline? — Ahl mon cher Aurèlly !

Tu te perdais pour moi I

Mélac père.

Mais^ toi....

Peux-tu comparer dé Targent^ lOTsqu^il t'en QcAiait Fétat et Fhonneur ?

IVt iÉ L A c père.

Je m'acquittais envers mon bienfaiteur malheureux ; mais toi ! dans tes soupçons sur ma probité > devais-t,u quelque chose à ton coupable

ami?

Mélac fils, a^ec joie.

Ah mon père I

Saint- Alban.

Eh bien monsieur Aupelly ! -— Puis-je accepter, en paieraient, le mandat que tous m'offrez? M É L A ç père, a^e^ effroi.

Quel mandai ?

théâtre. 1. a5

AuRELLY, pénétré y à Saint-Alban.

Vous serez satisfait, Monsieur : mon premier sentiment lui était bien du; le second me rend tout entier à mon malheur.

M É L A e père.

Voilà ce que j'ai craint !

Je n'avais à tous ofiFrir, pour mon ami, que des effets qui se trouvent embarrassés, je reprends mon mandat. Votre argent est encore dans ma caisse^ et Dieu me garde d'en user. Dabins, reportez-le chez monsieur de Mélac, et moi...* je vais subir mon sort.

Mélac père.

Ariêtez : je ne le reçois pas.

A U ïl E. L L. Y.

Qu'est-ce à dire, Mélac?

Mélac père.

Malheureux Dabins !....

Me croyez-vous assez indigne?...

Mélac père.

Monsieur de Saint- Alban ! il serait horrible k

vous d^âbuser d'un secret, que vous ne devez qu'à ïiotre confiance. — Non , je jure que l'argent n^ rentrera pas.

Veux-tu me causer plus de chagrins que tu n'as espéré de m'en épargner?

Mélac fils, aç^ec ardeur.

Monsieur Aurelly , ne refusez point.

Monsieur de Saint-AIban I....

Mélac fils, à Saint-Alban.

Vous aimez la vertu.

Mélac père.

Laisserez-vous périr son plus digne soutien ? AuKELLY, ai^ec enthousiasme.

Que faites-vous, mes amis? Pour m'empêcher d'être malheureux, vous devenez tous coupables. Oubliez- vous qu'un excès de générosité vient d'égarer l'homme le plus juste? Et s'il eut tort de toucher à cet argent ,. qui m'excuserait d'oser le retenir ?

Mélac père.

Le consentement que nous lui demandoDS.

Page 1