SCÈNE II L ROSINE, BARTHOLO
Bartholo tenant de la lumière.
J\vl\ Rosine, puisque vous n'êtes pas encore rentrée dans votre appartement
Je vais me retirer. /
Bartholo.
Par le temps affreux qu'il fait, vous ne repo-
serez pas , et j'ai des choses très-pressées à vous
dire.
Rosine.
Que me voulez-vous, Monsieur? n'est-ce donc pas assez d'être tourmentée le jour?
Bartholo.
Rosine, écoutez-moi.
Rosine.
Demain je vous entendrai.
.Bartholo.
Un moment, de grâce.
Rosine à part.
S'il allait venir !
Bartholo lui montre sa lettre^
Connaissez-vous cette lettre?
Rosine la reconnaît.
Ah ! grands dieux !
Bartholo.
Mon intention , Rosine , n'est point de vous faire de reproches : à Votre âge on peut s'égarer ; mais je suis votre ami ; écoutez-moi.
• Rosine»
Jq n'en puis plu$.
Cette lettre que vous avez écrite au comte Al*
xnaviva
Rosine étonnée.
Au comte Almaviva !
Bartholo.
Voyez quel homme affreux est ce comte : aussitôt qu'il Ta reçue , il en a fait trophée ; je la tieus d'une femme à qui il Ta sacrifice. Rosine.
Le comte AlmaViva !
Bartholo.
Vous avez peine à vous persuader cette horreur. L'inexpérience , Rosine , rend votre sexe confiant et crédule ; mais apprenez dans quel piège on vous attirait. Cette femme m'a fait donner • avis de tout , apparemment pour écarter une riyale aussi dangereuse que vous. J'en frémis ! le plus abominable complot, entre Almaviva, Figaro et cet Alonzo , cet élève supposé de Ba^sile qui porte un autre nom, et n'est que le vil agent du comte allait vous entraîner dans un abîme, dont rien n'eut pu vous tirer*
R o 3 1 N £ accablée.
. Quelle horreur !...... quoi liindorî,..f. quoi ce
jeune homme !•..#♦
54o LE BARBIER DE SÉVILLE,
Bartholo à part.
Ah ! c'est Lindor.
Rosine.
C'est pour le comte Alrnaviva..... C'est pour
ua autre
Bartholo.
Voilà ce qu'on m'a dit, en me remettant votre lettre.
RosiNjs outrée.
Ah quelle indignité ! Il en sera puni. —
Monsieur, vous avez désiré de m'épouser?
Bartholo.
Tu connais la vivacité de mes sentiments.
R o s I N £. ^ S'il peut vous en rester encore, je suis à vous.
Eh bien! le notaire viendra cette nuit même. ^ Rosine.
Ce n'est pas tout ; ô ciel î suîs-je assez humiliée ! Apprenez que dans peu le perfide ose
entrer :par cette jalousie, dont ils ont eu Tari de vous dérober la clef.