‹ Œuvres complètes de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 167 sur 174 · SCÈNE II L ROSINE, BARTHOLO · texte numérisé non relu

SCÈNE II L ROSINE, BARTHOLO

Bartholo tenant de la lumière.

J\vl\ Rosine, puisque vous n'êtes pas encore rentrée dans votre appartement

Je vais me retirer. /

Bartholo.

Par le temps affreux qu'il fait, vous ne repo-

serez pas , et j'ai des choses très-pressées à vous

dire.

Rosine.

Que me voulez-vous, Monsieur? n'est-ce donc pas assez d'être tourmentée le jour?

Bartholo.

Rosine, écoutez-moi.

Rosine.

Demain je vous entendrai.

.Bartholo.

Un moment, de grâce.

Rosine à part.

S'il allait venir !

Bartholo lui montre sa lettre^

Connaissez-vous cette lettre?

Rosine la reconnaît.

Ah ! grands dieux !

Bartholo.

Mon intention , Rosine , n'est point de vous faire de reproches : à Votre âge on peut s'égarer ; mais je suis votre ami ; écoutez-moi.

• Rosine»

Jq n'en puis plu$.

Cette lettre que vous avez écrite au comte Al*

xnaviva

Rosine étonnée.

Au comte Almaviva !

Bartholo.

Voyez quel homme affreux est ce comte : aussitôt qu'il Ta reçue , il en a fait trophée ; je la tieus d'une femme à qui il Ta sacrifice. Rosine.

Le comte AlmaViva !

Bartholo.

Vous avez peine à vous persuader cette horreur. L'inexpérience , Rosine , rend votre sexe confiant et crédule ; mais apprenez dans quel piège on vous attirait. Cette femme m'a fait donner • avis de tout , apparemment pour écarter une riyale aussi dangereuse que vous. J'en frémis ! le plus abominable complot, entre Almaviva, Figaro et cet Alonzo , cet élève supposé de Ba^sile qui porte un autre nom, et n'est que le vil agent du comte allait vous entraîner dans un abîme, dont rien n'eut pu vous tirer*

R o 3 1 N £ accablée.

. Quelle horreur !...... quoi liindorî,..f. quoi ce

jeune homme !•..#♦

54o LE BARBIER DE SÉVILLE,

Bartholo à part.

Ah ! c'est Lindor.

Rosine.

C'est pour le comte Alrnaviva..... C'est pour

ua autre

Bartholo.

Voilà ce qu'on m'a dit, en me remettant votre lettre.

RosiNjs outrée.

Ah quelle indignité ! Il en sera puni. —

Monsieur, vous avez désiré de m'épouser?

Bartholo.

Tu connais la vivacité de mes sentiments.

R o s I N £. ^ S'il peut vous en rester encore, je suis à vous.

Eh bien! le notaire viendra cette nuit même. ^ Rosine.

Ce n'est pas tout ; ô ciel î suîs-je assez humiliée ! Apprenez que dans peu le perfide ose

entrer :par cette jalousie, dont ils ont eu Tari de vous dérober la clef.

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