M AU RÉD. DU MORN. CHRON
Je youdrais vous la reporter 5
Mais examinons s'il est sage
A moi de m'en lai>sser tenter.
Si l'Amour me guette au passage,
Le sort ne m'aura donc jeté
Dans un pays de liberté
Que pour y trouver l'esclavage ?
Peut-être aussi, pour mon malheur ,
Un époux j un amant, que sais-je?
A-t-il déjà le privilège
De sentir battre votre cœur;
Et pour prix de ma fantaisie ,
Loin que le charme de vous voir
Fît naître en moi le moindre espoir ,
J'expii'erais de jalousie.
Il vaut donc mieux , belle inconnue ,
Ne pas chercher dans votre vue
Le hasard d'un tourment nouveau.
A votre amant soyez fidelle 5
Mais plus son sort me paraît beau ,
Plus je vous crois sensible et belle ,
Moin* je veux garder le manteau.
En rendant ce manteau-là, permettez, M. TÉditeur , que je m'enveloppe dans le mien , et ne me signe ici que
L 'Amateur Français.