‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de BourdeilleChapitre 146 sur 161 · BRANTOME. II · texte numérisé non relu

BRANTOME. II

tiers, par ses testament et codicille de 1594 et 1595, pour luy tenir lieu de tous droits paternels et maternels, et de dot pour se marier.

Elle étoit encore fille en 1697, qu'elle assista au mariage de l'héritière et vicomtesse d'Aubeterre, sa nièce, avec le baron de la Serre. Enfin, se trouvant dans un âge assez avancé, elle épousa, par contrat t du 19 février 1602, noble Léonard d'Escars, seigneur de Saint- Bonnet et de Saint-Ybar, fils aîné de feu noble Léonard d'Escars, seigneur de Saint- Bonnet, de Saint-Ybar et de Phialcz, et de

APPENDICE

Catherine de Jougnac de Forsac. Les seigneur fct dame d'Amblcville furent les seuls parents de la damoiselle de Mata qui assistèrent à son mariage.

Le seigneur de Saint- Bonnet étoil beaucoup plus jeune que la damoiselle de Mata, sa femme. Le coulract de mariage des seigneur et dame de Saint-Bonnet, ses père et mère, datté du 14 novembre 1570, en donne la preuve. Il avoit été déclaré héritier universel par le testament de son père du 24 avril 1595, après la mort duquel s'étant trouvé impliqué dans le duel où Jacques de Rabenne. seigneur d'Usson, fut tué en 1598, par Charles de Sédières, seigneur de Montamart, il fut obligé de prendre des lettres de pardon. Ces lettres luy furent expédiées le 27 may 1598 , et entérinées le 24 novembre suivant à la prévôté de I huit ! du roy. En conséquence, il sortit des prisons du Fort l'fivèque de Paris, où il étoit détenu pri- • «Minier, après avoir payé cent écus d'or au soleil â la veuve du feu seigneur d'Usson pour intérêts civils.

Quoyque les qualifications qu'il prend dans ces différents actes ne soient pas aussy relevées que celles des époux des autres sœurs de la damoiselle de Mata , il ne leur cédoit pas pour cela en naissance , comme on le peut voir par la généalogie de la maison d'Escars, rapportée dans Y Histoire des grands officiers de la couronne de la dernière édition, t. Il, p. 227, etc.; mais il étoit d'une branche cadette; et n'ayant d'ailleurs ny charge, ny employ militaire, il se renfermoit dans les bornes qu'observoit encore alors sur les qualifications l'ancienne noblesse, qui depuis s'est trouvée dans la nécessité de les porter jusquà l'abus, pour ne pas paroltre inférieure à la nouvelle noblesse, qu'ont produite les charges vénales de différentes espèces.

L'hérédité universelle, qu'il tenoit de son père, lui fut confirmée par le testament de sa mère du 11 juin 1610, dans lequel il est qualifié, messire Uonard d'Kscars, chevalier, seigneur de Saint-Bonnet. Peu de temps après, il fut appellé à une succession plus considérable,

par le testament du 3 décembre 1612, de haut et puissant seigneur messire Jacques, comte d'Escars, son cousin, aîné de la maison. Ce comte, se voyant sans enfants, luy légua la jouyssance de la moitié de ses biens, et substitua le fonds à Jacques d'Escars , son filleul, fils ainê dudit seigneur de Saint-Bonnet, pour conserver les noms et armes de cette maison.

Eu 1614, il étoit en querelle particulière avec messieurs d Aulfort, qui formoientdes assemblées pour l'aller attaquer les armes à la main; mais il fut soutenu par le vicomte de Bourdeille, son beau-frère, qui appaisa cette affaire.

Le seigneur de Brantosme, dans le dénombrement qu'il fit de ses neveux en 1602, se contenta de le reconnoltre pour tel, sans en parler d'ailleurs ny en bien, ny en mal, et luy continua la même grâce , qu'il n'avoit pas faite à ses autres neveux, dans son dernier testament de 1609, par lequel il institua la dame de Sainj-Bonnet pour l'une de ses héritières universelles.

La dame de Saint-Bonnet habitoit en Limousin. Elle est qualifiée haute et puissante dame Adrienne de Bourdeille, dame de Saint- Bonnet, dans une procuration qu'elle passa le 28 septembre 1624, pour donner son con seulement au mariage de Henry de Bourdeille, baron de Mata, son neveu, avec damoiselle Claude Kouauil de Thiembrunc, qui fut contracté à Paris le 9 janvier 1625. Elle paroissoit alors veuve.

Depuis ce temps, les titres de famille ne font plus mention d'elle. Il est certain que son mary ny elle ne vivoient plus lorsque la comtesse de Duretal, par son testament de l'an 164 1 , fit des legs à leurs enfants et petits-enfants.

Cette branche des seigneurs de Saint-Bonnet s'éteignit, à la troisième génération, dans la personne de Jeanne d'Escars, filleule et petite-nièce de la comtesse de Duretal. Elle fut mariée avec Charles d'Escars, baron de Caubon , et aussi comte d'Escars , son parent, qui a laissé postérité actuellement existante, sous les titres de comtes d'Escars, marquis de Pranzac, etc.

APPENDICR.

Page 1