‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 20 sur 270 · I. Voyez t. IV, p. 143 £t suiv · texte numérisé non relu

I. Voyez t. IV, p. 143 £t suiv

ment personnel et se mit à luy faire son procez : et, sans l'empereur, qui avoit grandement affaire d’un si grand capitaine pour son service, tous vouloient passer plus outre et luy vouloient donner sentence de mort, encor que les soldatz, qui montoient à près de douze cens, eussent bien mérité tel ehastiement pour, leurs mauvais desportemens et insolanees. Toutesfois, la justice d’Espaigne voulut sur luy cognoistre de cela. J’en mettrois icy voulontiers le plaidoyé qui en fut faict et que j’ay veu, tant d’un costé que d’autre, mais cela seroit trop long. J’en parle ailleurs1.

Voylà que c’est de la justice, laquelle a pouvoir sur les plus grandz , et s’ilz l’offancent les punist griefvement. J’en alléguerois une infinité d’exemples, tant des nostres qu’estranges , mais je les remetz en autre discours, que possible fairay-je sur ce subject exprez *, afin que grandz et petitz prennent leur modelle à la révérer et craindre, contre l’opinion de ce grand capitaine M. le mareschal de Biron. Mais, pourtant, il n’y estoit si exacte en tout comm’ il faisoit semblant, car il estoit très-grand justicier et fort respectueux à la justice; mais ce que j’en veux dire ce n’est que pour rire.

Luy donc ayant donné charge un jour à un capitaine d’aller ruyner et mettre une maison par terre et tout à bas, durant ces guerres dernières, le capitaine luy respondit qu’il y iroit voulontiers, mais qu’il luy en donnast le commandement et un adveu escrit et

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