Cette phrase a été rajoutée en marge par Brantôme
Cela faict , la reyne print congé du pape, et s'en retourna en son royaulme, où (Charles de Durazo, au bout de quelque temps la print prisonnière , et secrettement la fit estoufer entre deux coyttes *, ayant sceu l'adoption qu'elle avoit faicte.
Voylà le genre de mort raconté par cest' hystoire angevine, tout autre qu'elle n'est en Y Histoire de Naples^ laquelle pourtant est la plus vraye que l'angevine, touchant ceste mort.
Or, voicy ce qu'en dit Boccace, en son livre des- Dames illustres, d'elle sur ses louanges*: « Cette « reyne a si bien nettyé' son pays de volleurs et ban- « doUiers, que non seullement les pauvres, mais les « riches, peuvent aller partout asseurément; car, où « elle les sçavoit sauvez dans quelques forteresses à « seureté, elle y envoyoit une armée soudain, que « jamais elle ne s'en est levée * qu'elle ne les eust pris « et faict punir rigoureusement. .
« Au reste, elle a tellement rangé en bride les « princes et barons du pais et par telle modestie « corrigé leurs coustumes dissolues, que ceux qui pâte ravant tenoient peu de conte de leurs roys, aujour- « d'huy, ayant mis bas leur antique braveté, redou-
\. Coytte, couette, lit de plume.
'±. L'extrait que donne Brantôme de l'ouvrage de Claris mulieribus de Boccace est tiré de l'avant-dernier chapitre (chap. cv) du livre, et il a copié à peu près textuellement la traduction de frère Luc-Antonio Bidolfi, publiée à Lyon, lo51, in-8°, sous 1q titre de : Boccace, Des Dames de renom.