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POESIES INEDITES. ' 47:>
Oui vouldra voir un amant dépIoral)le Ourdir le lil de son propre malheur Et ostiné en sa fière douleur, Se rendre à tous, fors à luv, pitoyable ;
Qui vouldra voir d'une beauté aymable L'humble pitié joinct' avec la rigueur ; Ce qu'Amour peut en sa plus grand' fureu.', Et comme il est vers * ses subjets traictable,
Qu'il vienne voir mes souspirs et mes pleurs; Lors il dira que des mortelz malheurs Le ciel me faict gouster le plus damnable.
Mais, s'il peut voir ce qui me faict mourir Dira, soubdain, qu'il vouldroit bien souffrir Pour tel object un bien si misérable.
Je m'estois endormy sur le bord d'un ruisseau Afané ^ du labeur de ma peine ordinaire, Alors qu'un fol démon vint de mon sein soustraire L'esprit, laissant le cor|)s vuide comme un tumbeau.
Amour, qui s'esgayoit au rivage de l'eau, S'escoula dans mon cœur pour mon seigneur se faire. Si bien que je n'eus sang, veine, nerf ni artaire Qui ne sentit soubdain cest estranger nouveau.
i . Envers.
2. Fatigué; en pat. périg. aj/ona soun pn^ gagner son p;iin par nn rnde labeur.
476 POESIES INEDITES.
Depuis l'esprit premier recherchant son entrc'e Et la trouvant d'Amniu^ cauteraent occupée, Saillit, ainsi qu'un Ange, au désert et au boys.
Là, pleurant encore sa demeure amiable*,
daigne, en ma faveur, acsenter ^ maintefois De moy et mon tyran la plainte misérable.
Comme on voit l'animal de tous le plus fidèle, Venu à son seigneur, par degrace^ ou desdain, Fuyr hors de sa chambre et retourner soubdain, Ne pouvant oublier la maison paternelle,
Qui maisgrissant, après, de famine cruelle, Est forcé de chercher en autre part son pain, Et là où il le treuve à regret fait dessein Changer l'ancienne amour à ceste autre nouvelle,
Ainsi, craignant ma Dame en son ire et fureur, Triste je fuis, je tourne espérant mon malheur Trouver dedans son cœur quelque brin de pitié.
Mais la trouvant plus sourde ; alors, pour ne périr, Comme un pauvre affamé qui se traîne au mourir. Je vais quérant ailleurs le secours d'amitié.
GXXII
A MADEMOISELLE DE BKION .
Je commençois desja d'un discours amoureux A louer en mes vers ceste angélique face,