‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 244 sur 251 · Voyez plus liaut, p. 425, note · texte numérisé non relu

Voyez plus liaut, p. 425, note

LA REYNE D’ESCOSSE

craindre à la faire mourir de peur de la vengeance : et y eut-on songé cent fois avant que venir là, si nostre roy eneust bien voulu prendre l’afïirmative ; mais, d’autant qu’alors il hayssoit messieurs de Guise ses cousins, il s’en soucia fort peu, que par manière d’acquit. Hélas ! qu’en pouvoit mais la pauvre innocente? Voilà ce qu’en disoient aucuns.

D’autres disent et asseurent qu’il s’en formalisa fort. Comme de vray il envoya à la reyne d’Angleterre M. de liellièvre, l’un des grands et prudens sénateurs de France, et des plus suffisans, qui n’y faillist d’y apporter toutes ses raisons, prières de son roy, et menaces, et tout ce qu'il peut, et entre autres de luy alléguer qu’il n’appartenoit à un roy ou à un souverain de faire mourir un autre roy ou un autre souverain, sur lequel il ne pouvoit avoir aucune puissance, ny de Dieu ny des hommes : dont sur ce lui allégua d’un visage courroucé l’histoire de Corradin, mort et exécuté à Naples; menaçant ladicte reyne d’une prophétie de vengeance, comme à l’autre qui fit faire l’exécution 1 2 3 : et d’autant que l’histoire est à propos, piteuse, et quasi semblable à celle de noslre reyne; et pour mieux l’estendre je suis esté d’avis de la mettre icy par escript *.

Conrradin donc de Suève*, jeune gentilhomme qui fut fils d’Henry, aisné fils de Fédéric H”, passa en

1. Voyez le discours de Bellièvre à Elisabeth, dans de Tliou, liv. LXXXVI.

2. Tout ce qui suit jusqu’à la page 447 est tiré des livres IV et V de Collenuccio, et là, comme ailleurs, Brantôme s’est servi de la traduction de Sauvage.

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