‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 109 sur 179 · Mais elle ne le fit point · texte numérisé non relu

Mais elle ne le fit point

}. Fut.

2o6 Discours sur les sermens

reyne de l'avoir accusé à tort, et que la vérité en estoit cognue, dont la reyne l'en ayma davantage, et' le roy son parain.

Mais elle ne vesquit guieres après; car elle mourut à Paage de quinze venant à seize ans.

Grand dommage certes d'une si belle fleur fanie et emportée en son plus beau apvril.

Elle fut fort regrettée du roy, de la reyne, de toute la cour, et enterrée très honorablement aux Cordelliers près du grand autel, à main gauche. Avant que leur église se bruslast, il y a environ seize à dix-sept ans% son epitaphe en bronze paroissoit encor attaché contre un pillier, lequel fondit avecques plusieurs autres, tant le feu et l'embrasement fut grand et desolable, sans y pouvoir remédier!

Je tiens ce conte de feu ma mère et du bqnhomme M. de Pons, qui le tenoit, disoit-il, de madame de Pons sa mère, gouvernante de madame Renée de France, despuis duchesse de Ferrare. Je pense que si madame de Nemours, sa fille, s'en vouloit aujourd'huy ressouvenir, elle le pourroit asseurer; et voylà mon conte achevé. Venons à d'autres.

Il s'est trouvé de bons compaignons d'autrefois en ces cordelliers, comme un Espaignol que je vaïs dire, appelé Fray Inigo.

Allant un jour dans une rue de Tolède, et aucunes belles et honnestes dames (comme il y en a force) allans devant et luy après, et faisans grand'poussière de leurs robes trais-

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