‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 139 sur 179 · Ennuyeuse · texte numérisé non relu

Ennuyeuse

3. Tel qu*il est donné ici, c6 fait d'armes n*a rien de commun avec une retraite; c'est une charge de cavalerie tout simplement, à moins que Branthôme n'ait voulu parler ici du passage du Madon, près du pont Saint-Vmcent (Meurthe), conté plus haut. Mais là encore il s'agit d'un changement de position plus que d'une retraite.

d'aucunes retraictes de guerre. 2$$

dix mille soldats romains, qui, ayant perdu la battaille, passèrent au travers et au beau mitan de leurs ennemis, et se sauvèrent et se retirèrent bravement, à leur barbe, dans la ville de Plaisance. Possible que mondict sieur de Guyse, qui lisoit et estudioit tous les jours, ou se souvenoit de loing, ou avoit leu de frais le conte, qui luy ayda bien à propos pour le coup à sa vaillance, à sa conduite et à son gentil esprit et brave courage.

Froissart, racontant de la battaille de Nicopoly que donnèrent les Ongres et les François', dit que, parmy les François, il y eut deux escuyers de Picardie très-vaillans, qui, puis après, se peurent bien dire vrais chevalliers. Ils s'estpient trouvés en maintes rencontres, et en estoient partis en leur honneur. L'un s'appeloit Guillaume Den*, et l'autre Le Borgne oe Montquel. Ces deux donques, combattans par force d'armes et vaillance, passèrent outre les battailles, et retournèrent en la battaille ' par deux fois bravement et vaillamment, où ils firent force apertises d'armes (ainsy parle-il) ; mais, voulant mourir en un si sainct conflit, se firent là tuer. Il est à présumer que, puisqu'ils avoient ainsy passé et repassé par ces deux fois outre les battailles en bien combattant qu'ils pouvoient faire une aussy honorable retraicte que là mourir. Voilà

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