A la mort de Balue
}2o Discours sur M. de la Noue.
le bien cultiver, agencer, adorner, et embellir de belles parolles. » '
Voylà le discours qu'en fit ceste honneste ' personne que j'ay nommée. Et quant à moy, Branthome, qui escrips et fais ce livre, certainement je puis bien dire que j'ay eu ma part des mescognoissances* de M. de La Noue aussy bien que les autres. Car je me puis vanter qu'il n a eu pas un de ses amys qui Fait plus servy durant sa prison, ny plus sollicité, ny pris mieux la parolle pour luy, que moy, et, n'en déplaise à feu M. de Strozze, son intime amy, qui n'en osa jamais parler au roy ny à autres grands, comme moy. Et que si encor ,M. de La Noue veut dire la vérité, il pourra confesser comment un soir, en se voulant retirer du Louvre fort tard, quelque temps advant qu'il allast en Flandres, l'ambassadeur d'Epaigne, qui avoit bien sceu comment il vouloit aller là faire quelque chose qui ne valoit guieres; contre le roy son maistre. ayant dressé une fricassée* et une partie pour le faire
1 . Le discours de l'honnête personne tient bien près des trois quarts de l'étude sur La Noue. Nous avons dit pfage 257 ce que nous en pensions. On pourrait supposer que Branthome n'a point voulu avoir l'air de parler en son nom parce que La Noue vivait encore, comme il le fait entendre quelques lignes plus bas. {Si encore M. de La Noue veut dire la vérité, il pourra confesser, etc.) Et cependant, l'honnête personne a conté précédemment la mort de M. de La Noue, blessé au siège de Lamballe II est probable que le morceau a été ajouté par Branthome après coup, sans penser à la contradiction des deux passages.