‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 31 sur 157 · I. Génois · texte numérisé non relu

I. Génois

8o Livre II, Chapitre II.

braves et vaiilans gentilshommes, et la mort d'aucuns s'en estre ensuivie ? J'en nommerois bien deux ou trois, mais je m'en passeray bien. La plus belle raison que peuvent apporteras duellistes, c'est qu'ils disent que, faisant tels combats avec armes à feu, sont fort dangereux pour les juges et gardes du camp, et que les coups peuvent aller et porter sur eux aussy bien que sur les deux combattans. Grand mercy, messieurs les juges et autres, q^ui estes ainsi n soigneux de vos corps. Bref, je n'aurois jamais faict si je voulois mettre par e»crit tous ces abus, ou plustost rébus* du temps passé, inventez et fort bien practiquez par les Italiens, lesquels y ont esté fort subtils et diligens scruteteurs de telles inventions, dont j'en ajr ouy tant et tant descourir en Italie, que si je n avois autre chose à faire que les mettre par escrit, je pense que j'en donnerois plaisir aux lecteurs.

Un autre abus y a il eu, est que si l'un des combattans, fust ou en se retirant, et ou se desmarchant, ou en parant les coups, ou se desmeslant ', venoit à toucher tant soit peu la lice, la barrière ou la corde, ou l'estaquade du camp, il estoit dict vaincu; ce qui estoit un peu trop rigoureux, car il advient bien souvant que pour mieux sauter on recule un pas ou deux, ou trois, soit pour attirer son

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