Voici Don Juan de Gusman avec ses lunettes
84 Livre II, Chapitre II.
à cause de ce concile de Trente, ils s'assignarent, par concert et accord faict entre eux deux , le combat à la Vallonné *, pays du grand seigneur, n'ayant pas grand traject de mer à faire de la Fouille jusques là, et envoyarent demander le camp à un sangiac renégat espaignol, qui là commandoit à quelque place, et qui avoit esté d'eux autresfois cogneu; ce qu il leur accorda fort librement et en toute seureté. Mais la justice et l'inquisition du royaume de Naples l'ayant sceu, leur en fist la deffence sur la peine de la vie, par bandons et affiches, si bien qu'ils n'osarent passer plus oultre ; et s'ils fussent estez pris là dessus, ils fussent estez en peine, et si ' despuis en coururent fortune pour plusieurs raisons que l'inquisition peut là dessus alléguer. VoyIà comme il me l'a esté ainsin conté, estant une chose fort deffendue par les anciennes loix de nos docteurs chrestiens duellistes, et mesmes par doctor Paris de Puteo, à un chrestien de ne faire arbitre un infidelle en un combat contre un autre chrestien ; d'autant que l'infidelle estant divers de religion, il est esgal ennemy de l'un et de l'autre des duellians'* (aucuns Italiens usent de ce mot) ou combattans ; aussy que ce n'est raison qu'il soit spectateur et juge de l'effusion du sang chrestien, et qu'il en ayt son plaisir; ce qui est fort abominable que cest infidelle passe son temps en cela, et juge le