‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 4)Chapitre 48 sur 157 · Le 5 mai 1581, d'après TEstoile · texte numérisé non relu

Le 5 mai 1581, d'après TEstoile

104 Livre II, Chapitre II.

portant espée, l'ayant cachée une heure debvant dans du sable (aucuns disent que ce fust de son propre mouvement, autres du commtindement de son maistre, ce que je ne croy, car il estoit trop gallant), vint par derrière, et luy donna un grand coup d'espée, dont il le tua tout roide mort, ledict marquis ne disant seulement (ainsin que l'autre Peust atteint) : « Ah! « mon Dieu, qu'est cecy ? » Ledict laquais fust aussitost pris, par le raport d'aucuns qui le visrent, et fust aussitost pendu, ayant confessé le tout, et qu'il l'avoit faict pour vanger la mort de son maistre. Plusieurs discourent là dessus que si l'un et l'autre eussent pris des seconds ce malheur ne fust pas advenu par le laquais, et qu'il est fort de besoin d'avoir des seconds, pour plusieurs raisons qui se peuvent alléguer là dessus, tant pour en garder et esviter supercheries, que pour tesmoigner de leurs valleurs ou poltronneries, enfin pour une autre infinité de raisons qui seroient trop longues à discourir; tout ainsin qu'il y en a force autres qui ne veulent point de seconds, desquels arrive force inconvénients que je ne veux m'amuser à exprimer, sinon un, arrivé par exemple faict à Rome, du temps du pape Grégoire dernier ', entre deux autres gentilshommes françois, qui estoient La Villate, le baron de Saligny, et Matecolom, et Esparezat, gascon et escuyer de la grande escuyerie du roy. Ils s'assignarent le combat à quatre mille de Rome. Esparezat, autheur

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