I . Charles-Emmanuel arriva à Paris le 2 1 décembre i
144 Livre II, Chapitre II.
d'espargne pour la première fois, mais nullement pour la seconde, où l'on doit fermer les yeux à tout mercy et miséricorde.
Sur ce conte et raisons y alléguées, je fairay ceste petite disgression, afin qu'on sçache comme d'autres fois se sont faicts en Italie, France et ailleurs, des combats à outrance et duels solemnels, où celluy des combattans qui avoit l'eslection des armes, et mesmes de lespée (comme. quasy c'est tousjours l'ordinaire, bien que l'on se batte avec la lance, la picque, l'halebarde et autres armes, de la porter au costé, comme la plus noble arme de toutes), faisoit porter dans le camp quatre espées, c'est à sçavoir deux pour les premiers assauts, et deux autres que les juges du camp garderoient pour une réserve, afin que l'espée de l'un ou de deux vint à se rompre, les juges en fournissoient qui en avoit besoing, ou tous deux, en faisant faire le holà, et amprès recommençoient et poursui voient leur battaille; mais cela se faisoit avec pache et conditions accordées entre les parties, juges, parrains et confidans, advant qu'entrer au combat ; et de plus, ces deux secondes espées données, ou une seule, à qui en avoit faute, si elles se venoient à rompre, ne falloit plus parler d'avoir recours à d'autres troisiesmes, et falloit mourir ou vaincre en quelque façon que ce fust, ou se rendre ; et telles espées les appelloit on les espées de provision. Aujourd nuy en nostre nouveau et friand * françois,