Reste pour manque
j. Voy. Plutarque, vie d'Antoine.
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ainsin respondu, mais l'eust bien pris aussitost au mot. Pour en parler aussy franchement, Octave, encore que la fortune luy dist estre le monarque de tout le monde, n'estoit pas vaillant de sa personne, ainsin qu'il le monstra en la bataille de Philippes, comme très bien Marc Anthoine le lui sçavoit reprocher. Or bien je pardonne à Octave, puisqu'il n'estoit si vaillant, ny le cœur luy bastoit * pour venir jusques là, ou bien que l'usance n'en estoit telle parmy les grands à Rome, puisqu'elle n'estoit parmy les petits, ou bien qu'il estoit mieux asseuré de son laict, et qu'il auroit bien raison de son homme autrement que sans venir là,, et bazarder sa vie à la fortune d'une espée variable et inconstante, ainsin qu'il luy arriva.
Mais s'il faut pardonner à Octave, il ne faut pardonner au dauphin de Viennois" Humbert, lequel ayant faict paix avec le comte Aymé de Savoye, et puis voyant son bon, la vint rompre, sans que le comte y pensast.
Dont ledict comte fascné, soudain luy despescha un roy d'armes, dict Savoye, par lequel il luy envoya un cartel, contenant en somme qu'il estoit un vray infracteur de paix, et que laschement il avoit en son absence envahy ses terres contre son serment, et à ceste occasion qu'il le deffioit corps à corps, ou puissance contre puissance, et qu'il l'estimoit si grand prince qu'il sortiroit au combat en camp clos pour soustenir son honneur; autrement il le
I . Suffisait ; il n'avait pas assez de cœur pour, etc. a. Humbert I*' et Amé ou Amédée v.
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reputoit lasche et meschant. Le dauphin ne fist autre response à ce cartel, sinon qu'il dict de bouche au héraut : « Mon amy, dis à ton « maistre, que la force et la vertu d'un prince, a ne consiste point en force corporelle; et que « s'il se veut tant vanter d'estre fort, nerveux « et robuste, je luy respons que je n'ay tor- « reau qui ne soit plus fort et roide que lujr; « par quoy quand il s'y voudra esprouver, je « luy en envoyeray. Et quant à 1 armée, dis « luy que s'il est bien pourveu et fourny « ast'eure de gens, que je le seray un'autre « fois à mon tour, et puis je l'yray trouver là « par où il sera »; ce qu'il nst au bout de quelque temps, et luy donna la venue et luy aeffit toute son arrière garde, chargé© de butin, qui se retiroit. Geste histoire on la trouve dans la Chronique de Savoy e. Voylà comment le gallant se deffit du cartel à luy envoyé, auquel pourtant debvoit respondre par laict d'armes, puisque le comte le louoit et le tenoit si homme de bien qu'il n'y faudroit. Toutesfois, s'il fut un peu offancé par le reffus, il le rabilla un peu par la deffaicte qu'il fist en la victoire qu'il eust ; car enfin, les grands en quelque sorte qu'ils obtiennent victoire ils acquièrent honneur et louange; mais pourtant le camp accepté l'eust honnoré davantage parmy les gallans cavalliers, et me semble qu'il fist une quasy semblable response que fist Corbane à ces braves seigneurs françois croisez de jadis en la Terre Saincte, lesquels tenans Antioche assiégée, où eux estans plustost assiégez qu'assiegeans^ à cause de la
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misère du long siège, de la famine, de la fatigue, et incommodité de toutes choses qu'ils avoient paty là devant, et menacez aussy du grand secours qui leur venoit à dos, ils envoyarent Pierre l'Hermite vers ledict Corbane,
{)our luy remonstrer et faire trouver bon de a part de tous les princes chrestiens qui estoient là, que s'il vouloit mettre quelqu'un de ses capitaines en camp clos, ils en mettroient un autre, pour là débattre et vuyder leur différent. S'ils en vouloient mettre davantage ils en mettroient davantage, sinon, armée contre armée, et en lieu pareil. Mais Corbane, rusé, respondit que c'cstoit au vainqueur de donner les conditions et faire les loix, que puisque les chrestiens ne cognoissoient pas encore leur malheur, ou faignoient ne le cognoistre, ils n'auroient jà de luy ceste faveur de choisir la mort dont ils voudroient mourir. (Beau mot certes.) Quant aux princes, il les envoyeroit à l'empereur des Perses tous
i)risonniers; quant aux simples soldats, il les àiroit esclaves, ou les tailleroit en pièces, ainsin qu'il verroit, comme un arbre malheureux qui ne porte point de fruict. Quelle sentence si elle eust sorty à effect ! Mais les chrestiens, par la grâce de Dieu, emportarent la ville. Paulo ^Emilie raconte ceste histoire*.
Meshuy* il est temps de faire une fin; mais pourtant qui voudroit rendre ce discours partaict il faudroit dire et discourir à sçavoir