I . Se plaignait
204 Livre II, Chapitre II.
suborné et gaigné par M. de Bonnivet, pour lors couronnel en Fiedmont, pour estre avec luy Tun de ses capitaines entretenus, "dont il laissa mondict frère qui en estant despit *, le fit appeller sur le pont du Pau, qui ne faillist d'y aller, tant il s estoit faict presumptueux; mais en y allant il fiit rencontré par aucuns capitaines et retourné en la ville, et mené à M. de Brissac pour empescher le combat, qui envoya quérir mondict frère pour les accorder. La chose fut fort disputée, et mesmes des vieux capitaines de là, qui dirent n'y avoir aucune raison qu'un petit capitaineau entretenu despuis trois jours se battist contre le capitaine Bourdeilles (qui ne vouloit que se battre, et point s'accorder), ayant commandé il y avoit longtemps; de plus, qu'il estoit gentilhomme de rort bonne part et ton lieu, appartenant à des plus grands de la France. Force capitaines remonstrarent au capitaine Bourdeilles, veu ses qualitez, qu'il se faisoit grand tort, et à tous eux de s'abbaisser par trop que de vouloir se battre contre un qui n'avoit pas trois jours qu'il n'estoit*que son simple soldat, sa créature, et faict capitaine nouveau, encore de gayeté de cœur et sans subject. A quoy ne vouloit entandre le capitaine Bourdeilles; car il estoit un jeune homme escabroux, vieux capitaine pourtant. Mais enfin il fut tant persuadé des grands et vieux capitaines de par delà, et de ses compaignons, de se contenter que ledict capitaine Tripaudiere luy fist une