‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 5)Chapitre 138 sur 164 · Musard · texte numérisé non relu

Musard

2. Léonor d'Orléans, duc de Longueville. Voy. ci-dessus la vie du maréchal d'Amville.

;. Louis de Neuchèze, chevalier de Batresse, officier dont la Reine mère appréciait les services. Voir Lettres de Catherine de Médias, II, 1 05 , et III, 1 20.

Discours sur les Duels. 257

M. de Montpensier et M. de Nevers, du règne du roy Henry 111% se cuidarent aussy battre pour quelques propos fort picquans ; mais le roy leur en fist denense, et les accorda*.

Nous avons de frais aussy les appels de M. d'Espernon et de M. le mareschal d'Ornano •; de M. de Guyse et de M. d'Espernon; de M. de Genville et de M. le Grand '. A quoy nostre roy très advisé sceut très bien pourvoir et empescher de venir plus advant. Il n'est pas besoing que le sang de ces grands soit à si bon marché pour querelles particullieres, comme de nous autres petits compaignons ; il y va grandement de l'interest public, car les grands y sont fort nécessaires.

Or il y a un poinct, en nostre France observé

1. Lorsque le duc d*Anjou s'échappa de la Cour en i $7$, le duc de Montpensier et le duc de Nevers furent chargés de le poursuivre. Ils s'acquittèrent assez mal de leur tâche, et te duc d'Anjou, de retour à la Cour, ne cacha pas qu'il leur savait gré de n'avoir pas exécuté les ordres rigoureux qu'on leur avait donnés. Sur quoi le duc de Montpensier prétendit qu'il avait tout pris sur lui, et que s'il eût écouté le duc de Nevers, il aurait arrêté le prince. Le duc de Nevers se plaignit d'avoir été calomnié. De là démentis, cartels, et enfin un accommodement entre les deux adversaires par les soins de la Reine mère. Voy. L'occasion du dtsmenty que M. le duc de Nevers, pair de France^ fit donner ce mois de mars dernier, 1580. signé, LoDOVico GoNZAGA. S* ensuit la teneur de l*escrit divulgué soubs le nom de Monsieur de Montpensier, Signé, Louis de Bourbon. Bibl. nat. Ms. Dupuy, $ 10.

2. Voy. Lettres de Vaffaire de d*Espernon avec d'Ornano. Bibl. nat. Dupuy, 5 10.

3. Le maréchal de Bellegarde, qui était grand écuyer, fut bl^délo)ralementparle prince de Joinville, le 1 1 août i $99, dans le Io£[b de Zamet, pendant que Henri IV s'y « esbattoit » avec une fille nommée la Claude. Voy. le Recutil des lettres de Henri IV, vol. V.

Branthôme, VI IL 17

258 Livre II, Chapitre II.

jadis estroictement, que parmy les chapitres de l'ordre du roy, les chevalliers dudict ordre ne peuvent envoyer ny accepter cartel, ny comoat de l'un contre l'autre, sans congé de leur supérieur qui est le roy, ainsin que le sceut bien remonstrer feu M. de Langeay à Gaesar Fregouse, sur un deffy qu'il avoit envoyé à Cagnin de Gonzague pour se battre contre luy, tous deux chevalliers de l'ordre ; mais Gaesar s'excusa, disant n'avoir veu jamais lesdicts chapitres de l'ordre. Ledict Cagnin s'excusoit de son costé aussy, que puisaue Gaesar luy avoit envoyé le cartel de combat, il ne pouvoit moins faire que de l'accepter comm' il avoit faict*.

Les chevalliers de l'ordre avoient aussy ce privilège, qu'ils estoient exempts de se battre contre un qui ne l'estoit point; et c'est ce qu'allégua le seigneur Ludovic de Birague, brave et vaillant capitaine, et qui a bien servy la France, contre Scipion Vimerquat, fils de Francisque Bernardin Vimerquat, tant renommé en nos guerres de Piedmont, comme le fils l'a esté aussy, et en celles de France, pour estre gentil chevau léger, sur un deffy que ledict Scipion luy envoya pour quelques paroUes fascheuses et outrageuses entr' eux passées, parmy lesquelles estoit compris M. d'Amville, et ce du temps du roy François second, et le roy Charles dernier venant à sa couronne, mettant en advant qu'il estoit chevallier de l'ordre, et qu'il luy estoit defîendu

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