Antoinette de Bourbon, femme de Claude de Lorraine
4. Catherine de Clèves était fille de Françob I«', duc de Nevers, et de Marguerite de Bourbon, fille de Charles de Bourbon, duc de Vendôme.
Discours sur les Duels. 29}
luy sceut bien reproscher Tobligation qu'il avoit en la maison qu'il venoit offancer mal à propos. Si nous voulons croire \z légende de Sainct Nicaise, bastard prétendu de la maison de Guyse ', il en eust la vangeance deux ans amprès, ou moins ; car par le moyen de Sainct Barthellemy, son bon averlant*, il le fist mourir ; et fust fort regretté de plusieurs honnestes gens de la cour. Pour moy, je luy donne ma bonne part de plusieurs larmes. En ce conte il y a plusieurs choses à noter et considérer, que je laisse aux bons discoureurs ; non seulement pour le subject pour lequel je Tay allégué, que pour autres.
Avant que faire fin je diray encore ce mot :
que feu M. de Montpensier le bon homme dernier mort, dict Louys, a esté un prince qui en ses colères a esté fort subject à gourmander et offancer les personnes; aussi n'avoit il en luy autre si que celuy là, car c'estoit un prince brave, vaillant, magnanime et très bon chrestien, comme son patron le roy sainct Louys, qu'il vouloit imiter en tout. Aux troisiesmes troubles, il gourmanda et brava fort, de paroUes seulement pourtant, feu M. d'Auzances', le soubçonnant de la religion. C'estoit
1. La Légende de dom Claude de Gui^e, abbé de Saint- Nicaise, pamphlet protestant imprimé dans le tome Vl des Mémoires de Condé.
2. Ce Saint-Barthélemy est un des personnages de la légende de dom Claude, personnage imaginaire, je crois, assassin et empoisonneur aux gages de dom Claude. — Aver-' lant est un terme de mépris, venu, dit-on, de Tallemand unterhaendler, revendeur, trafiquant de bas étage.
j. Louis de Montberon, seigneur d'Auzances ou Ausance. Il
294 Livre II, Chapitre II.
à Mirebeau, aux troisiesmes guerres, où pourtant il servoit bien le roy en son armée. Plusieurs en blasmarent ledict prince, car M. d*Auzances estoit gentilhomme d'une
frande maison, et de ceste grande de Monteron; l'une des grandes et antiques de la Guyenne. Il avoit esté lieutenant de roy dans Metz, où dignement et très sagement s'en èstoit acquitté : et, estant là venu pour servir son roy, il ne le debvoit ainsin traicter de rudes parolles, bien qu'il fiist suspect de la religion ; et pour ce force honnestes gens s'en escandalisarent. Je sçay bien ce que j'en vis dire à M. de Biron, et ae grande colère parler haut et bravement, jusaues prest à venir à l'efFect. Je sçay ce qu'il m en dict, et la menée qu'il en tramoit, car M. d'Auzances estoit son parent prosche à cause de la maison de Bourdeilles et de Montberon, tous bons parens et alliez, et bons amys. Ledict M. de Montpensier en eust le vent; qui cala \ et en parla à mondict sieur de Biron, lors mareschal gênerai de camp, et luy en fit ses excuses, et en fit parler à mondict sieur d'Auzances. Amprès cela, ledict sieur d'Auzances se retira de l'armée, bien que Monsieur luy remonstrast qu'il ne s'en faloit autrement formaliser et estomacquer. Si en conceut il un tel chagrin et douleur en soy, que je croy qu'il mourust plustost
avait épousé Madeleine de Mareuil et eut pour enfants Louise de Montberon, dame de Montmoreau, et Jacques de Mont> beron, seigneur d*Ausance.