Le mot rébus est pris dans le sens d'invention subtile
2. Démarcher, c'est, dans la langue de Tescrime moderne, rompre, c'est-à-dire reculer; se dimiler, c'est, je crois, lutter corps à corps.
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ennemy à soy et le faire varier ». ou luy faire perdre sa desmarche, ou le troubler en allant à son ennemy, soit pour plus amprès aller rudement contre luy. Enfin, force considérations et raisons se présentent à luy pour se desmarcher en arrière ; et si par cas de fortune, sans y penser, en se desmarchant ainsin, il vienne à toucher ceste barrière, il n'y a nulle raison de justice ny de droict de le dire vaincu.
Je ne dis pas, comme j'ay ouy dire, que cela s'est faict, et que pour plus adoucir la rigueur de ceste loy, que si l'ennemy pressoit l'autre de telle furie, et que l'autre reculast comme mal asseuré, et qui ne fist que parer aux coups, ou bien que si l'un des deux tenoit son ennemy aux prises, et que au lieu de le jetter par terre, ou en se tournant et virant il menast son ennemy jusques à luy faire toucher la barrière, que cela ne fust très juste de le censer pour vaincu ; voyre encore seroit il meilleur s'il le pouvoit jetter par dessus la barrière au delà du camp. Geste victoire seroit belle et honnorable pour le vainqueur, et fort ignomineuse pour le vaincu, et ne luy seroit loisible d'y rentrer plus, ny prendre ses armes,^ ainsin que cela s'est faict d'autres fois en des camps en Italie ; et avant que entrer dans le camp, les conditions ainsin estoient arrestées des juges, parrains et confidans; mais la façon précédente que j'ay dict, n'est nullement belle
I. Varier, l'obliger à faire un faux mouvement ou une attaque imprudente.
Branthôme, VIU. 6
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et recepvabie; et toutesfois elle a esté permise et reçeue par les loix lombardes.
Un autre abus, et pire de tous, et par trop cruel et inhumain, est que ces malheureuses loix lombardes vouloient, et comme il s'est pratiqué fort souvant en Italie, que quiconques de ces combattans, et fussent tous deux, mouroient dans le camp, n'estoient nullement receus de l'église pour y estre inhumez et leurs corps ne pouvoient estre enterrez en terre saincte et beniste, mais prophane, comme un Sarrazin et Arabe. Quelle cruauté estoit cela! Ils pouvoient bien estre admis avant qu'aller au combat, d'ouyr la messe, se confesser, prendre le sainct sacrement, et mourant ainsin, ils meurent bons chrestiens.
Et si les armes ne leur sont estées favorables, pourquoy sont ils privez de la sépulture saincte .r^ Ils en alleguoient beaucoup de raisons, et entre autres ceste cy est que un mourant ainsin, que c'a esté par la permission de Dieu, et que sa querelle estoit injuste, et que par conséquent il est mort comme un vray criminel, et que le camp clos n'est qu'un vray
Sibet pour tels criminels lorsqu'il n'y a point e preuve de leur mesfaict et crime, et que venant à estre ainsin vaincus, leur sentence leur est donnée du ciel, et leur crime avéré ; et Dieu sçait (comme j'ay dict cy devant) les vainqueurs bien souvant n'ont pas le plus juste droict.
Or je ne passeray plus oultre; il faut faire fin à ce discours de combats, car je ferois tort à ceux qui en ont si bien escrit, tant de nostre
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temps que du passé, comme le seigneur Mutio », M. Alciat*, le seigneur doctor Paris de Puteo, et une infinité d'autres sçavans jurisconsultes italiens », car de leur temps ces combats ont eu une très grande vogue, et cstoient ces docteurs consultez, comme Ton faict des advocats en causes de justice.
Aujourd'huy tous ces combats sont du tout abolis par toute la chrestienté par le dernier concile de Trente, si bien qu'il y a environ vingt ans qu'un chevallier de Malthe, qui s'appelloit don Joan de Gusman . que j'y ay veu, gentil chevallier certes, de lort grande maison, de celle des Gusmansen Espaigne, brave, vaillant, fors qu'il avoit très mauvaise veue, et portoit ordinairement des lunettes, et disoit on de luy : Aqui sta don Joan de Gusman con sus anto^ jos^. Il estoit grand et beau joueur; il eust une querelle contre un autre chevallier espaignol, mais non de sa relligion ny de son ordre; et, ne la pouvant desmesler ny se battre en camp clos, ny en Italie, ny en Espaigne, ny ailleurs de la chrestienté, pour leur seureté,
1. Duelb del Muzio con le riposte cavalleresche, 15 $6, in-8<*; traduction française d'Ant. Chappuis : Le Combat de G. Mutio, justinopolitain , avec les réponses chevaleresses. Lyon, i$6i, in-40.
2. André Alciat, De singulari certamine, traduit sous ce titre : Le livre du duel et combat singulier. Paris, 1550, in-8®.
3. Joannis de Lignano, De duello; Jacobi de Castillo. De duello; Julii Ferretti, De duello; Antonii Massx, Contra usum duelliy etc. Ouvrages insérés dans le tome XII du recueil intitulé : Tractatus illustrium in utraque tum pontificii tum casarei juris facultate jurisconsultorum. Venise, 1583-85, 28yol. in-f^.