I . Annuit, aujourd'hui, à l'instant
102 Livre II, Chapitre II.
Reffuge *; petit dis je, car il estoit des plus petits hommes que j'ay point veu, mais très brave et vaiUant, et oui avoit fort veu*. Le combat fust en l'isle au Palais. Ainsin qu'ils s'y faisoient passer tous deux seuls sans seconds, ils virent force gentilshommes qui couroient sur le gué pour prendre des batteaux, et aller amprès eux pour les séparer, car c' estoit à l'heure que le roy alloit à la messe en la chapelle de Bourbon. Ils dirent au battellier, car tous deux estoient en mesme batteau {Quai bonta y valor di nostri cavalleri corne de gli antiqui^î) qu'il les passastviste et fist grande dili-
Sence, car ils avoient une affaire d'importance ; ont ils donnarent chascun un teston audict battellier et ayans pris terre, ils s'entredirent seuUement : « Faisons viste, car voycy ces « messieurs qui s'advancent pour nous sepa- <c rer. » Ils n'y faillirent pas ; car en quatre coups d'espée ils s'entre tùarent tous deux, et tomoarent tous deux, l'un deçà et l'autre delà ; et les trouva on rendans l'ame et l'esprit.
Quelles resolutions et quelles animositez !
M. le marquis de Maignelais, fils aisné de M. de Pienne*, estant nouvellement tourné d'Italie fraischement esmoulu, et qui avoit fort bien appris à tirer des armes qu'il avoit des