‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 1 sur 417 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

M. DUPORT, Madame GERVAL.

nu PORT.

JVlA bonne amie, je ne me lasse pas de vous le répéter , vous n'avez que ce parti à prendre.

MADAME GERVAL.

Mon frère, je ne prétends pas vous contredire; nais....

DBPORÏ.

Ma sœur, vous me contrediriez, que ma façon de voir serait toujours la même. Vous êtes jeune, aimable , opulente et veuve , et il n'y a pas de mal à cela. Vous aimez le plaisir, votre maison est le rendez-vous de la bonne société , et c'est fort bien. Mais une veuve de trente ans est comptable au public de sa conduite, et, quoique la votre n'ait rien de répréhensâble, au fond, il n'y a qu'un mari qui puisse la rendre excusable.

MADAME GERVAL.

Quoi! monsieur....

Dr PORT.

Quoi! madame, prétendez-vous Noir iniiHix que

lo LA MÈRE RIVALE,

moi dans vos propres affaires? Tai cinquante ans, vt je vous déclare y avea la fermeté cjui nait de mon OLpéneiice , qu'une jeune veuve, qui ne tient a lieu , est exposée à tout Je vous aime , votre réputation nrest chère /et il est temps de calmer mes alarmes.

MàVkUE GEBVAU

Vous me connaissez, mon frère.

DUPORt.

Je vous ctmnais, ma. sœur, et voilà pourquoi je \eu\ vous marier.

MADAME GERVAL.

l^i^ compliment nVst pas flatteur,

DUPOmT.

Aussi n'est-ce pas un compliment que je veux vous lUiiv. Je vous dois la vérité, et je vous la dis.

MADAME GERVAL.

Mais , monsieur , me croiriez-vous capable ?...

DUPORT

Je ne cnùs rien , mais je veux que vous vous mariez.

M ADAME GERVAL.

Kt ma tille? ses intérêts....

DL'PORT

Je suis son curateur , et , dans cette affiiîre, je m'oc- 4*U|>e dVIle et de vous. Votre fille aura un beau-père : eliuisi»sfz*le bien, vous en serez plus heureuse, et elle nVn souffrira pas. Sa fortune est considérable: \oUhi époux , honnête et sensible , en sera l'économe, el V4)U» gagnerez toutes deux à un mariage prescrit

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