SCENE XIX. aoi
LE CAPITAINE
C'est votre dernier mot ?
SAINTE-CLAIRE
Absolument.
LE CAPITAINE
Eh bien , madame , parlons d'autre chose.
SAINTE-CLAIRE
Soit
LE CAPITAINE
Vous avez sans doute entendu la trompette?
* SAINTE-CLAIRE
Après?
LE CAPITAINE
Le régiment doit être à cheval ?
SAINTE-CLAIRE
Au contraire, le régiment est à pied.
A pied! Et que va-t-on faire?
SAINTE-CLAIRE
Une visite dans cette maison.
LE capItaine.
Ah! je respire. Ceci s'arrangera avec un mois d^arrêls.
LE MARliCHAL-DES-LOGIS.
Touchante perspective!
LE CAPITAINE
Je ferai ta paix avec mon oncle.
LE MARlICHAL-UES-LOGIS.
Oui , à la fin du mois. C'est consolant.
si02 LES DRAGONS ET LES BÉNÉDICTINES.
SAIITTE-GLAIRE.
Vous avez un oncle au régimeni ?
LE MAR^GHAL-DES-rLOGIS.
Rien que le colonel.
SAINTE-GLAIRE
Je le plains bien sincèremfiQl.
LE GAPITAIHB.
Mon dieu , qu'un homme est sot quand il est amoureux!
LE M AREGBAL-DfiS-^LOGIS.
Voilà une grande vérité, par isKemple.
LE GAPITAIITE.
C'est bien vous qui me menez comme un enfant. \ ous êtes la femme la plus indéohîfirable....
SAINTE-CLAIRE
Il ne vous reste plus qu a me dire des injures.
LE CAPITAINE
Mais expliquez- vous donc, car vous me Élites une <[uerelle qui n'a pas le ^ns commun, et qui m'étourdit à un point....
SAlNTK-tLAIRE.
Que je m'explique ? Je vais m'expliquer. Que hilus" vous ici ? Pourquoi y êtes-vous encore ? Il y a une heure que je vous ai ordonné d eo sortir , et que vous devriez être parti.
LE CAPITAINE, avec vivacité.
Hé , je n'en ai pas trouvé le moment.
{ On spiiBe la cloche. ) SAliyTE-CLAlttE.
Ëntcndcz-vous la cloche? C'est pour assembler no»
SCEME XIX. if)3
Liâmes; cest votr« colonel qui eotre. Voyez- vous s'il lK>ugera? Avaq-vous envie de vous trouver me h liez ivec votre oncle? Que pensera«-t-il de tout ceci? que Sesl pour moi que vous êtes entré dans le couvent , :{ue c'est moi qui vous y retieps, que je suis une in- :ronsequente, sans raison, sans jugement. Et vous m'aimez, vous, homme ^ns docilité, sans complai- ^nce, incapable du moindre sacrifice!
LE CAPITAIIIE.
Ah! mon aimable amie, je crois lire dans votre cœur. Mais j'ai besoin d'un aveu ; que cet avçu me rassure, et je n'ai plus rien à désirer.
SAINTE-CLAIRB.
Si je ne vous aimais pas, que m'importerait l'opinion de votre oncle ? Que me ferait celle du monde; i^ntier? Qui, je vous aime, et de toute mon ame. Mais allez-vous-en.
LE CAPITAIHB, mqUdc • la manille.
Le régiment est en bataille dans la rue.
LE MARÉCHAL-OES-LOGIS
Nous voilà jolis garçons.
LE CAPITAINE
Cachez-nous quelque part, à la cave, au grenier, lapi votre cellule....
SAINTE-CLAIRE
Et où voulez- vous que je voua mette? Ia's dragons ^^ilreront partout Ah ! mon ami , quelle situation !
LE CAPITAINE
Je déshahille saint Martin.
( Il monte à la tUtne. )
2o4 LES DRAGONS ET LES BÉNÉDICTINES.
LE MARÉCHAL-DES-LOGIS
Et moi , je serai le diable , n'est-il pas vrai ?
Hé, mon camarade, d'un diable à un dragon l^at différence est imperceptible.
LE MAaéCH.AL-DES«-LOGI8.
Va donc pour le diable. Quelque traitement quVj nous réserve , nous ne l'aurons parbleu pas Tole.
SAINTE-CLAIRS/let aidant.
La plaisante aventure! Dans un autre moment , )^^^ rirais jusqu'aux larmes.
LE MARÉCHAL-DES-LOGIS
Ah ça, ferme sur les étriers.
LE CAPITAINE
Immobile à ton poste.
SAINTE-CLAIRE
Vous voilà bien, tout-à-fait bien, à merveille : gas*dez de faire le moindre mouvement. Je rejoins no^ dames, et je paraîtrai, s'il est possible, ne prendra aucune part aux événements de la soirée.