‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 169 sur 417 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

La veuve, La PETITE FILLE, t»».iiunt

sur le banc.

LA VEUVE

Quelle réunion de qualités opposées! des grâces, de la figure, de l'héroïsme, des vertus même, et une légèreté qui suppose presque un oubli de principes... Et j^écoute ses folies , moi qui prétends à la raison ! et je Taime, moi qui le connais à peine! En vérité, je crains de descendre dans mon cœur... Cçst qu un petit être si intéressant, qu'on se figure exposé à une batterie, au milieu d'une foret de bayonnettes, et bravant tout cela avec la gaieté qui le caractérise ; c'est

que ce petit être a tant de charmes , qu'une femme ne peut expliquer, mais qui Ten trament si fortement!... Ah ! qu'un soldat aimable est dangereux!.

LA PETITE FILLE, apercevant Gcitnide.

Ma marraine , ma marraine , sauvons-nous.

LA VEUVE

Et pourquoi ?

LA PETITE FILLE

Voilà cette méchante femme dont je vous ai parle. Elle m'a voulu battre, et vous battrait peut-être aussi.

LA VEUVE

Je ne crois pas cela , par exemple.

LA PETITE FILLE

Je me meurs de peur , ma marraine ; rentrons, j^ vous en prie.

LA VEUVE, rentrant avec b petite.

Que tu es encore enfant !

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