SCENE XXIV. a7r
SAIlfTK-CL\IRE.
Cest ce que je n osais dire.
LA VEUVE
Vous avez une manière de persifler qui me dénBonterail....
SAINTE-CLAIRE
Si vous aviez moins d'usage.
LA VEUVE
Savez-vous, petite, que vous êtes piquante?
-SAINTE-OL AIRE
J avoue que c'est un peu mon intention.
Je ne suis pas disposée à le souffrir.
SAINTE-CLAIRE
Il fiiudra vous y résoudre.
LA VEUVE
Définitivement, mademoiselle, oh voulez- vous en ▼«nir? Je ne croîs pas que vous ayez envie de faire un fclat ?
SAINTE-CLAIRE
Cest tout au plus ce que je me permettrais si je pouvais vous craindre.
LA VEUVE
En honneur^ ceci est inconcevable.
SAINTE-CLAIRE
Je suis naturellement curieuse; j ai voulu vous voir, j^ TOUS ai vue , et je reviens à la leçon dont je vous ptriais tout à l'heure. Vous êtes bien, très-bien; votre tournure , votre physionomie, préviennent en votre faveur. Vous ave« peu de sensibilité, peut-être;
u7a LES DRAGONS EN CANTONNEMENT.
mais un esprit fin , un usage du monde qui suppléent au vide du cœur. Cet ensemble a plu au ooloiiel,et tout cela ne pourra Tattacher. Je ne connais qu'une femme qui sache apprécier ce jeune homme, démêler ses qualités à travers son étourderie, Taiiner pour lui-même, le fixer par tout ce qui engage un honnête homme, rire d*un moment , d'inconstance qui le ramènera plus tendre et plus fidèle , et cette femne, c'est moi.
LA VFIVJ.:.
Vous êtes modeste.
SAINTE-CLAIRE
Vous conviendrez du moins , quand vous me connaîtrez mieux, que je me suis conduite envers vous avec une modération que toutes les femmes approu* veront sans doute, et que bien peu auraient la forc^ d'imiter. Je vous laisse, citoyenne; jouissez de votr^ triomphe, et hâtez-vous : im éclair l'a produit, i»* passeront ensemble.
( Kllc ontre chez Gertmde. )