SCENE I
»eur faut- il donc? Voilà tous mes projets renversés, [^ue résoudre? que faire?
JUSTINE
Prendre patience pendant quelque temps.
MONTBRUIf.
Oh , je ne suis point patient.
• JUSTINE
Ou travailler à leur conversion.
MONTBRUN
Je n'entends rien à ce métier-là.
Croyez-vous qu'il faille avoir le don des miracles pour rendre à la société une femme charmante et un joli homme de vingt-cinq ans?
MONTBRUN
Tu es bien confiante.
JUSTINE
Si monsieur voulait Vètve autant que moi....
MONTBRUN, après Vtwoh fixer.
Aurais-tu la présomption ?....
JUSTINE
Et pourquoi pas, monsieur?
MONTBRUN
Toi? .
JUSTINE
Moi.
MONTBRUN
Tu entreprendrais de guérir ces cerveaux malades?
JUSTINE
Je connais mes forces , monsieur.
ïi94 LES MEMNON FRANÇAIS.
MONTBRUN, s*écriaiit.
Dix mille francs, si tu réussis^
JUSTINK, tor le méflie ton. .
Ils sont à moi.
MONTBRUN, s'approchant tout-À-£ût.
Ah ça , veux-tu bien me faire part des moyens qui tu emploieras pour....
JUSTINE
Des projets, monsieur? Oh, je n'en ai pas.
MOVTBRUir.
Nous voilà bien avancés.
JUSTIJfE.
Mais une fille comme moi tourne à son profit jusqu'à la moindre circonstance , et sait en faire imîxe d'heureuses. Qui attaque sourdement a toujours l'avantage sur celui qui ne soupçonne pas le piège, et, dans ce cas-ci , les vaincus seront heureux au point de ne pas regretter leur défaite.
MONTBRUI^.
Au moins , voilà des idées générales.
JUSTINE
J'en saurai faire l'application.
MOITTBRUN.
Quand?
JUSTINE
Dès aujourd'hui.
MONTBRUN
Oii sont nos jeunes gens ?
Monsieur de Lussan descend de son observatoire...