SCENE III
DUPONT
Je n*en mets point ici.
JUSTINE
Cest donc une vérité ?
DUPONT
Je vous ie demande.
JUSTINE
Je ne répondrai point à cela.
DUPONT
Cest tout simple.
• JUSTINE
Ce n'est pas que je n'aie là-dessus des choses admirables à dire. ^
Je ji'en crois rien.
JUSTINE
Cessons de pointiller, mon cl^r Dupont; nous courrons après l'esprit , Quand nous n'aurons rien de mieux à fiiire. Je suis très-capable d'aimer, d'aimer beauoCNip ; mais je sais réprimer un sentiment qui ne peut mener qu'à faire des folies. Vous ê(és valet-de-chambre , assez bien vu dans la maison ; je suis attachée à madame , et un peu gâtée de tout le monde. Un ser- ' vice doux , la bienveillance desmaitres et l'abondance de toutes choses , voilà ce qu'on ne quitte pas légèrement, à moins qu'on ait perdu la tête, et , quoique vous soyez assez joli garçon , je vous assure que j'ai conservé toute la mienne.
DU PONT
Jja conclusion n'a rien de flatteur.
JUSTINE
Je. ne flatte personne, pas même moi, et je le prouve. Vous ne savez rien faire, ni moi non plus; vous êtes paresseux, et j'aime mes aises. En nomépot^ sant, il y a trois mois, il y a quinze jours, nous nous préparions des regrets ; aujourd'hui notre position n changer, et dans peu de temps monsieur Dupont « n'aura qu'à dire à ses garçons: Servez le moka, ver ^ sez la liqueur des îles. Je recevrai à mon comptoir l'argent et les hommages des hommes qui fréquenteront notre maison, et cela n'est pas fatigant.
DUPONT
Mademoiselle Justine ^ je n'entends rien i ce ^ vous me dites-là.
Je vais m'expliquer. Je suis le chef d'une confedé* ration importante, ejt je vous fais l'honneur de vous choisir ))our mon lieutenant. ,
DUPONT
Soyez un peu plus claire, je vous en prie. *
** JUSTINE
Il s'agit de faire renoncer madame de Mérao et monsieur de Lussan à leurs projets de sagesse. Dix mille francs sont le. prix du succès.
DUPONT, hors de luL
Dix mille francs et Justine!
JUSTINE, 5ar le même ton.
Dix mille francs et Dupont.
DUPONT
Charmante, adorable!... Donnez vos onlres à votre lieutenant.