SCÈNE VIII. 3o
L U s s A N , d*mi ton de •atitfaction.
Vraiment , Dupont ?
JIUPOWT.
HélaH y oui , monsieur.
LU s s AN 9 ■▼«« ravÎMemcnt,
A six heures du soir !
DUPONT
De quoi monsieur se réjouit-il donc?
LUSSAN
De remploi que j'ai fait de mon temps. Ne tVst-il jimiMS arrivé, Dupont, de Inen remplir une journée?
DUPONT
Ré , monsieur, je ne fais que cela.
LUSSAN
El tu éprouves cette' satisfaction intérieure qui nous dédommage de notre travail ?
DUPONT
réprouve beaucoup de fatigue, monsieur, et je m'en dédommage en soupant de bon appétit.
LUSSAN
Être sensuel !
DUPONT
Ten conviens, monsieur, et je m'en trouve à merveilles. Si j'osais vous représenter....
LUSSAN
Quoi ?
Que votre manière de vivre n'a rien de bien aul)stantiel, et que la sagesse ne doit pas vous rendre insensible à ce qu'il y n là-bas.
3o8 LES MEMNON FRANÇAIS.
LUSSAN
Et qu'y a-t-il donc ?
DUPOITT, d*im air inand.
Une volaille au cresson , d'une mine si tentante, à la peau si bien dorée, cuite si à propos!
LUSSAir.
Que me proposez - vous , Dupont ! Moi , j*aginùs ouvertement contre mes principes !
DUPONT
Vos principes^ monsieur, vos principes! Pobtde mariage, point de bonne chère! Permettez -moi de vous représenter que si tout le monde pensait comme vous, le genre humain finirait. Et qui sautait, dans cinquante ans, que vous avez existé, et que vous avez pensé et fait de sil>elles choses?
LUSSAIf, faiblissant.
Hé , ce raisonnement est assez spécieux.
DUPONT, d*an ton caressant.
Allons, allons, monsieur, une aile de poulet. Laissez-vous persuader.
L U s s A N , faiblissant davantage.
Laissez-moi, Dupont, laissez-moi.
DUPONT
Vous êtes ébranlé, monsieur; vous allez vous rendre à la force de mes raisons, et cela me fera un honneur infini.
L U s s A N , revenant à son systfjne.
Ébranlé , dites-vous ! je suis ébranlé! Vous êtes un impertinent.