‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 240 sur 417 · ACTE, l, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE, l, SCÈNE V

LA GITOYEHIfE DÉRICOURT, à part.

Ma vertu!

OKEIGOURT.

Toi dont rattachement^ la vertu sont avoués , même par Tenvie, dois-tu....

BLIHVILLE, rintnroinpaiit.

Laissons eela, mon ami : la louange la plus méritée embarrasse toujours un peu. Comment la jeune Adèle trouve-l-elle lé café?

ADÈLE

Excellent, citoyen.

oéflllCOURT.

Julien fête la hure , et il y a des droits. ( A BUnyftte. ) Le gibier est rare ; mais l'espiègle a guetté un sanglier

BLIN VILLE, prétentant ton aMÎfetU.

Julien, fais donc les honneurs de ta chasse.

DiRlCOURT.

Il devient galant ; c'est à ma fille qu'il a présenté le jarret. ...

J UL1 EN I «Ycc timidité.

Sa mère me l'avait permis.

OÉRICOURT.

Oui , Julien , oui , oui. ( A BUnvUle. ) Tavoue que la tendresse mutuelle de ces enfants est pour moi une douce jouissance.

ADÈLE, pouMAiit Jolieo.

Bon.

DÉRICOURT, àMfenie.

Tu en jouis également , et je veux prouver à Julien

36o L'ORPHELIN.

combien je suis reconnaissant du cadeau cpietnm'as fait ^t-

LA CITOTEirNE DÉRIGO URT, àpm.

Reconnaissant! ( HatUy avec iimUUii. ) Vous ira iléja fait beaucoup pour lui.

DÉRIGOURT.

II est plaisant que tu t'en aperçoive^la première. Au reste, son zèie^^son intelUgence ^ sa probité ^ attendent leur récompense, et ce que je ne fiirÉi3 pts par amitié pour lui, je le ferai par esprit de justice.

JULIEXr.

Ab, citoyen!

DÉRICOURT.

Mes enfimts , éooutes-moi. J'ai commencé avec pitt de cbose, et mes désirs étaient bornés, ainsi que mes moyens. Je n'ai jamais pensé que l'industrie d'un négociant fût sa propriété; j'ai toujours cru, au contraire, que cette industrie devait tourner au profit de la société, et que sa fortune particulière tenait à Kl fortune publique. Aussi n'ai-je point calculé ce que pouvait me rapporter la misère de mes semblables; je ne me suis pas gorgé du sang des malheureux ; j'ai rempli mes magasins dans les années d'abondance ; je les ai ouverts dans les temps de disette; j*ai vendu à tout prix , et je me suis dit : mon travail me rendra plus tard ce que je prête aujourd'hui à l'humanité souffrante. I^ics spéculations d'un honnête homme le tixunpont rarement, et j'ai prospéré au-delà de mes rs|M>rances. Je ne vous rappelle pas ces faits pour me targuer d avoir foit mon devoir; mafe» parce que le

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