ACTE I, SCENE IX. 38i
BLINTI1.LS.
lie cœur excellent.
DliRIGOURT.
Bon , cela.
BLINVILLE.
Et toutes les vertus qui rendent un homme estitnible.
DÉRICOURT.
A merveilles!... Adèle l'aimait en silence, et elle a ittendu pour se déclarer qu'il fut question de la donner à un autre! Mon ami, cette réserve m'afSige, parce que je ne la mérite point. L'homme que tu viens de peindre peut prétendre à tout, et Adèle devait assez compter sur son père pour se confier entière» ment à lui. Ce jeune homme a-t-il du bien ?
BLINVILLE.
Pas le sou ; mais qu'importe?
DÉRICOURT.
Un peu de fortune ne gâterait rien; au reste le bonheur ne s'achète pas. Son nom ?
Julien.
DéaiCOURT.
Blinville!
BLINVILLE.
Déricourt? •
DÉRICOURT.
Que me proposez-vous?
38a L'ORPHELIN.
BLINTILLE.
Ce que vous venez d'approuver : le nom du ^ tendu ne fait rien à la chose. *
DÉRICOURT.
Le nom ne fait rien ; mais l'homme est tout.
BLINVILLE.
Julien sera donc ton gendre ?
UERICOURT.
Discutons d'abord ; je répondrai ensuite.
• BLINVILLE.
Oh , tu vas opposer de vieux et ridicules prquga au plus doux penchant de la nature ?
DIÊRICOURT.
Pas du tout; mais je veux voir comment vous voui y prendrez avec votre sang -froid et votre esprit, pour excuser la conduite de Julien.
Je ne crois pas qu'elle ait besoin de l'être.
DÉRICOURT.
C'est un peu fort. Un jeune homme que j'ai élevé, pour qui j'ai tout fait....
BLINVILLE.
Et qui s'est acquitté par son respect , sa reconnaissance , par dix ans de travaux et l'accroissement rapide de ta fortune.
DÉRICOtfRT.
Oser aimer ma fille, et l'aimer en 'secret! ingratitude, séduction.
BLINVILLE.
Ni Tun ni l'autre. Il aime Adèle, et il a raison,