SCÈNE VI
ciété est délicieuse ; mais tu n'es f>as aimable en fa« mille, et c'est tout simple : cet entourage est en* nuyeux.
THBTEiriir.
Tu es franc , Durval.
DURVAL.
C'est un bien petit mérite; mais j'ai du moins celui*là.
THivcHiir.
Tu as passé ici une décade; tu ne m'y cherchais
pas Mon Emilie serait * elle pour quelque chose
dans cette longue retraite?
DURVAL.
Ton Emilie? Non. Elle est jolie; mais son caractère n'a nulle analogie avec le mien. Elle est d'un esprit difficile, prodigue de traits méchants, toujours satis&ite d'elle-même et mécontente des autres : cet ensemble ne me convient pas. Pardon, mon ami, si je m'explique librement; mais je suis franc, comme tu l'observais tout à l'heure.
THEVENIN
Tu as un but, cependant, car cette assiduité n'est pas dans toit caractère.
DURV AL.
Mon cher ami, je tente une conquête
THÉVEIfllf.
Une conquête....
DURVAL.
Qui exige de l'adresse , de la connaissance du cœur
Immaîn, et qui flatte singulièrement mon amourpropre;
THÉVEWIW.
Durval , tu n'aimes pas ma fille ?
Non , sans doute.
THÊVEWIW.
C'est me dire ce que je ne devrais pas entendre.
DURVAL.
£h ! pourquoi? Tu me confies tes faiblesses; je les excuse, je les encourage. Ne puis -je te confier les miennes à mon tour ?
THÉVENIN
Quelle diable de différence!
DURVAL.
Mais je crois que tu mets de l'importance à cela , toi, libertin aimable, qui ne connais c[ue la phîloso* phie du plaisir?
THÉVENIN
Enfin, monsieur fait l'amour à ma femme.
DUR VA L
Je ne m'y suis attaché d'abord que pour te servir: elle épiait tes démarches ; elle éclatait ert plaintes, en reproches
THÉVENIN
Et du désir de m'être utile , tu as passé tout naturellement à celui de plaire.
DURVAL.
Oh! tout naturellement. Maintenant, ta femme.