ACTE I, SCENE
CHAMPAGNE
C*est à VOUS qu'appartient tout l'honneur de ma métamorphose.
ROSE
Ah! ah!
CHAMPAGNE
J'étais sot, timide, embarrassé près d'une jolie femme; j'en ai trouvé une qui, eil deux ou trois entretiens^ m'a changé au point d'oser tout penser, et €le pouvoir dire tout ce que je pense.
ROSE
En effet, monsieur Champagne se forme tous les jours, et je dois m'applaudir de ce changement.
CHAMPAGNE
Vous seule pouviez l'opérer. Mais, mademoiselle Rose, ce n'est pas tout de tourner une tête, il fout faire quelque chose de plus.
ROSE
Et quoi, mon bon ami?
CHAMPAGNE
.>répouser, mademoiselle Rose, m'épouser.
Vous êtes pressant , monsieur Champagne.
L amour et l'impatience marchent toujours de compagnie. D'ailleurs, je ne suis pas un parti à dédaigner.
ROSE
Je le crois.
CHAMPAGNE
JVi des économies, i A pcui^ Il faut mentir.
ROSE
Vous aveai des économies ?
CHAMPAGNE
Deux cents louis , mademoiselle Rose , deux cents louis, au moins.
ROSE
C'est quelque chose.
CHAMPAGNE
N'est-il pas vrai ? Mais je n'en resterai pas là. Avec un maître généreux comme le mien.... (^/mzt/l) Il n'a pas le sou. [Haut.) Avec un maître généreux comme le mien, on avance toujours ses petites affaires , sans blesser la probité.
ROSE
J'ai aussi quelque argent, moi* monsieur Champagne.
CHAMPAGNE, à part.
A la bonne heure.
ROSE
Ma maîtresse est magnifique, et je la sers depuis long-temps.
CHAMPAGNE
C'est-à-dire, que vous êtes un peu plus avancée que moi.
ROSE
De trois cents louis, à peu près.
CHAMPAGNE
Savez-vous que nous avons, à nous deux, de quoi oonimeocer une excellente maison ? ( A pari. ) Elle <i#daiii» (Haut.) Et puis, si vous amaMz ma-