ACTE I, SCÈNE V
soupçon sur ma véracité ; ihais il est, je crois, inutile de me contraindre davantage : elle donnera dans tous les pièges que je voudrai lui' tendre.
SCÈME V.
DERCOURT, CHAMPAGNE.
Ah, te voilà! Hé bien, nos afFaires?
CHÂMP^GIIE.
Cahin, caha. ^
DERCOURT.
Ce n'est pas ma faute.
CHAWPAGNE.
Je le sais bien. ^
DERCOURT.
Je fais ce que je peux pour captiver la fortune.
CHAMPAGNE
Et moi aussi.
DERCOURT.
Jusqu'ici , elle a trompé mon espoir.
CHAMPAGNE
Je vous en livre autant.
DERCOURT.
Mais je ne me rebute pas.
CHAMPAGNE
Ni moi non plus.
DERCOURT.
l^s difticultés m'irrilent.
58 CONTRE-TEMPS SUR CO]!a*RE.TEMPS.
^ CHAMl»AG]f£.
Cela ne suffit pas.
DSRCOURT.
Je les surmonterai.
CHAMPAGNE
Cest ce qu'il faudra voir.
DERCOURT.
J'en suis certain.
CHAMPAGirB.
Je vous en félicite.
DSRGOURT.
Je n'ai au monde qu'une figure , et des dettes.
CHAMPAGNE
Pauvre avoir que cela !
DERCOURT.
Mais c'en est assez, avec de Timagination^et du courage. J'ai fait des sottises, cela ne déshonore pas.
CHAMPAGNE
C'est convenu.
DERCOURT.
Et puis, que risqué-je? Je n'ai rien à perdre.
C'est comme chez nous.
DERCOURT.
Mes créanciers m'aideront, s'ils veulent être payés.
CHAMPAGNE
Jusqu'ici , ils ont eu du savoir-vivre ; mais ce qui me déplaît , c'est que vous vous êtes permis de me charger de certaines dettes....