ACTE I, SCÈNE I. 5o
la dernière fois. Je l'arrête ; je le dissuade ; je lui représente les dangers où Texposerait il son âge un excès de sensibilité ; il se rend à mes raisons ; enfin , pendant qu il se désole il vos funérailles, je m'échappe à mon tour pour savoir ce que vous êtes devenue, et je vous trouve avec Alvar , qui sait qu'une fille d'un certain genre ne court pas les Pyrénées sans compagnon, et qui vous conduit chez sa tante, femme vertueuse et indulgente , ce qui est rare. Vous y resterez jusqu'à ce qu'il nous plaise vous ressusciter, ce que nous ferons quand le corrégidor aura bien senti sa sottise. Vous conviendrez, signora, qu'il n'y a rien dans tout ceci que de très^simple el de trèsnaturel.
LÉONORE
S'échapper de chez un père !
MARGUERITE
Qui vous y a contrainte.
LKONORE.
Voyager avec un homme qui n^est pas mon mari !
MARGUERITE
Mais qui le sera bientôt, si vous avez du caractère.
LÉONORE
Affliger mon père par cette mort supposée !
MARGUERITE
Oh! que de raisons! Aimez-vous mieux l'affliger réellement ? Retournons sur nos pas ; épousez votre amant suranné , et bientôt , après la noce , on vous enterrera en personne. Allons , marchoi^s.
5a^ I^£S ËKfPI&IQUE.
Non pafry bobl