DUVAL, DUBREUIL, MICHEL, LECOURT
MICHEL
Mes amis , je vous remercie.
DUBREUIL
Et de quoi, mon lieutenant?
MICHEL
De m'avoir donné lieu de vous chérir davantage. Vous avez respecté la décence et les grâces;. vous avez rejeté une pénible défiance; vous avez honoré, dans ce jeune homme, des vertus qui lui sont communes avec vous, et votre sagesse, votre modération en ont fait votre ami. Tel est le soldat français : brave dans l'action, partout ailleurs bon et compatissant, il force ses ennemis mêmes à lui rendre justice.
Dans le fond , qu aurions-nous fait de ces jeunes gens ">
5a4 LES EMPIRIQUES.
l^IGHEL.
Des victimes sacrifiées à une crainte puérile. Ce jeune homme m'a prévenu d'abord «n sa faveur, et mes presséntimens ne m'ont jamais trompé. Il est Espagnol, nous sommes Français. Eh! qu'importe? les bons cœurs spnt de tous les pays ; partout où ils se rencontrent, ils se rapprochent et s'unissent. {On eni^uiplu' sieurs coups de pistolets sur la droite. ) Qu'entends-je? Attaquerait-on Robert? O>urons, voyons.
( On entend une aeconde dédiarge. } DUBREUIL, grimpant tnr le hrat det roehen.
Ce n'^t rien, ce n'est rien : le voilà seul au milieu de trois mules pesamment chargées.
MICHEL
Ce ne sont pas les mules qui ont &it feu.
DUBREUIL
 la bonne heure ; mais je ne vois personne.
MICHEL
Enfin , il est seul ?
DUBREUIL
Seul. Il prend les mules, et les conduit de ce côté.
MICHEL
Oh! à cet égard-là, je m'en rapporte bien à lui.
I^ voilà arrêté par une fondrière. Il attache les trois bêtes à un arbre et s'avance fièrement, une énorme valise sur l'épaule.
MICHEL
En effet, le voilà.