ACTE II, SCÈNE I
habile et entreprenant; employer, tour à tour, toutes les ressources de mon imagination vive et féconde, et laisser les fausses manœuvres , les opérations incerfaines aux généraux espagnols.
MICHEL
Tu promets beaucoup.
ROBERT
Et je tiendrai tout.
MICHEL
Souviens-toi que ma prudence, qui t*a guidé queJquefois, te devient inutile ici. Mon nouvel emploi m'ote la parole en public , et je ne peux avoir d'avis* qu'en particulier.
ROBERT
Mais , je crois que tu me prends pour un écolier. Qui peut, dis -moi, exécuter un plan hardi comme celui qui l'a conçu ? Qui peut , comme lui , prévoir les inconvénieus , surmonter les obstacles, et tirer ^ même d'un revers , des avantages inattendus ?
DUBREUIL, MmrÎABt.
Oh! U présomption, la présomption...^
ROBERT
Ne messied pas à un homme de génies,
DUBREUIL, ùoniqociiMBt^
Comme toi ?
ROBERT
Comme moi. Mais, laissons ce langage familier qui nous trahirait tôt ou tard. Prenez dès.ce moment riiabitude du respect qui convient à la circonstance ,
534 LES ExMPlRigUES.
DliBRfiOlL.
. Oli! du respect!
ROBSaT.
Oui, monsieur, du respect Vous êtes moo valet; je le crois du moins ^ et je vous prie de vous en souvenir. C'est en répétant, entre nous, les scènes que nous méditons, que nous y mettrons eu public i ensemble et la vérité qui produisent nilusion. Commençons donc à remplir nos différentes fonctions. Que signifie le désordre qui règne dans ce laboratoire? U oa fait honneur ni à votre activité , ni ik votre intelligence. ( ^ Michel. ) Allons , monsieur , un peu de vivacité : vous êtes paresseux comme un laquais de grand seigneur. Que tout cela soit rangé symétriquement; que tout soit mis en évidence, jusqua la moindre boite : apprenez à faire valoir les plus petites choses.
{.On raiifpe.) MICHEL.
Vraiiiuîiit, ce ton-là lui va à merveilles.
ROBERT
N est-il pas vrai, mon lieutenant?
MICHEL
Oh! son lieutenant! voilà déjà l'homme à la tête.
ROBERT
c'est la force de l'habitude....
Qui t'emportera aiulgré toi.
ROBERT
Qui [)rouve au moins la nécessité de nous observer