‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 392 sur 417 · L'AUBERGISTE, ALVAR · texte numérisé non relu

L'AUBERGISTE, ALVAR

l'aubergiste.

Eh! voilà le seigneur Alvar!

ALVAR, jouant la douleur.

Ah ! ne me parlez pas : vous voyez un homme au

désespoir.

l'aubergiste.

Votre douleur est bien fondée : perdre une maîtresse aussi jolie!

ALVAR

De grâce , laissez-moi ; vous rouvrez ma blessure.

l'aubergiste.

Et la perdre par la faute d'un père imbécille et absolu ! Il pleurait à ses funérailles : il était bien temps !

ALVA R, à part.

Il parait qu'on ne soupçonne rien.

l'aubergiste.

Au reste, pour un avare, il a bien fait les choses: le convoi était superbe, et votre douleur se fût calmée* en le vovant.

56o LES EMPIRIQUES.

ALYAR.

Je serais mort sur sa tombe.

l'axibergiste.

Oh ! avec votre permission , ce serait duperie. On pleure sa maîtresse , c'est tout naturel ; maïs à votre âge , l'amour est un besoin , et bientôt de nouvelles chaînes....

AlLVAR.

Qu'osez -vous dire? Ah! qui pourrais -je aimer après Léonore ? ( ^ part. ) Décidément , on ne se doute de rien.

l'aube R G IST E.

Il est vrai que c'était une fille comme on en voit peu. Que le bon saint Nicolas protège son ame! Ah ça , laissons ces tristes idées ; pensons au solide. Vous allez souper?

A LVAR.

Cela m'est impossible. ( A part. ) J'ai dîné à sept heures.

l'aubergiste.

Perdre l'appétit! oh ! c'est trop fort ; je ne le souffrirai pas. On mettra deux couverts; je vous tiendrai compagnie ; je vous ferai des contes ; cela vous dissipera.

ALV AR.

Non pas , non pas ; je me plais dans la solitude. {^A part^ allant a sa chambre,^ Elle n'en finirait pas , et je veux voir cette nuit la gouvernante de liéonore : j'ai besoin de me concerter avec elle.

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