ACTE II, SCENE XIII. ii
DUFOUR
Ah ! monsieur Dercourt , que j'ai de torts avec fous!
DERCOURT.
Pas du tout. Vous êtes un homme sans oonsé» quence.
DUFOUR
Vous êtes bien bon, en vérité; mais que diable aussi, monsieur Champagne, vous disiez que les fonds étaient dans le porte-feuille
Je me suis moqué de vous; j'ai laissé à monsieur une occasion de s'égayer à vos dépens. En a - 1 - il profité ?
DUFOUR
Il m'a mis dans une inquiétude mortelle.
CHAMPAGNE
Fi! qu'il est affreux d'être ainsi défiant !
DERCOURT.
Intéressé !
CHAMPAGNE
Usurier!
DERCOURT.
Fripon!
CHAMPAGNE
Fesse-Mathieu !
DUFOUR
Ah! finissez donc, messieurs, finissez donc. Vous ne tarissez pas sur mes qualités.
ii6 CONTRE-TEMPS SUR CONTRE-TEMPS.
DERCOURT.
Vous méritez cette humiliation. Les tons que vous prenez conviennent bien à un être de votre espèce! ( A Champagne. ) Je ne manquerai pas de parole à cet homme : qu'on finisse avec lui, et qu'on m'en débarrasse.
CHAMPiLGlfE.
Les diamants sont fins, mais on les trouve exorbitamment chers.
DUFOUR
Encore une fois, je ne saurais les laisser à moins.
CHAMPAGNE
Qu'en pense monsieur ?
DERCOURT.
Je ne suis pas fait pour marchander avec Dufour.
CH AMPAGNE.
Finissons donc. Voilà quinze mille francs : le reste payable dans deux jours.
DUFOUR
Je ne le puis, en vérité.
CHAMPAGNE, Ini présenUnt lécrin.
Reprenez votre écrin.
DUFOUR
Mais, monsieur Champagne, vous êtes d'une vivacité
( Pendant les couplets suivants , Dercocat remplit une lettre de change. }
CHAMPAGNE
Je suis comme cela; nous ne regardons pas à l'argent , mais nous ne voulons pas qu'on nous ennuie.