‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 2)Chapitre 90 sur 417 · ROSE, CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

ROSE, CHAMPAGNE

ROSE

Tu me clierches , et je t*évite.

CHAMPAGNE

Vous me feriez croire que je suis dangereux.

ROSE

Toi? pas du tout.

Yous vous défiez donc de vous-même ?

ROSE

Encore moins.

CHAMPAGNE

Et vous prenez la fiiite pour vous dispenser de cet ^▼eu.

ROSE

Tai toujours craint de dife des dioses désobligeantes.

CHAMPAGNE

le suis plus brave que vous.

R os E.

Gomment ?

CHAMPAGNE

Je vous déclare de pied ferme que nous ne pensons plus à vous, et que nous nous soucions fort peu de la

i36 CONTRE-TEMPS SUR CONTRE-TEMPS.

manière dont vous prendrez la chose. ( A part. ) Tu me céderas la place.

ROSE

Tout de bon ?

CHAMPAGNE

Je suis fâché que madame Verval se soit retirée avec tant de précipitation. Je lui aurais déclaré avec le plus beau sang-froid que nous rompons sans retour avec la maîtresse et la suivante.

Faquin !

CHAMPAGNE

Nous sommes comme cela. Nous avons fait nos réflexions; le mariage ne nous convient pas. Ce n'est point dans Tâge des plaisirs qu on se lie : dés hommes tels que nous se doivent à la société. Allez, allez dire à madame Verval que nous sommes pour elle de la plus belle indifférence.

ROSE, avec dépiu

Vous vous souviendrez de ce que vous me dites là.

CHAMPAGNE

Je m'en souviendrai? Si vous l'exigez, nous renoncerons à vous par-devant notaire.

ROSE, avec une colère concentrée.

L'aimable petit homme à qui je voulais me donner!

CHAMPAGNE

N'y mettez donc pas d'humeur : vous feriez croire que vous me regrettez.

ROSE

Te regretter , toi ?

Page 1