‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 110 sur 340 · ACTE I, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL

( Haut. )

Je voudrais être seul, ma fille, laissez-moi.

ilNGlÉLIQUE.

Vous voulez être seul? Ah! je vois bien pourquoi. Vous craignez que mon cœur, trop tendre et trop sensible, Ne l'éprouve avec vous ce sentiment pénible Dont vous a pénétré l'aveugle amour du jeu. Vous ne répondez pas.... Se taire est un aveu. Permettez que du moins je partage vos peines. Votre silence encore ajouterait aux miennes. Parlez à votre fille ; elle est à vos genoux. Par grâce , parlez -lui.

DJS LIMEUIL.

Ma fille, levez -vous.

Je sens ce que je dois à cet amour si tendre Qui vous guide vers moi. Si je pouvais m'y rendre , J'aurais déjà parlé : gardez-vous d'insister. Peut-être ai-je un secret qu'il vous faut respecter. Si vous voulez enfin obliger votre père , Quels que soient vos soupçons , ménagez une mère. A vos égards , ma fille , elle a des droits sacrés. Les cœurs justes et bons sont toujours modérés : Ne l'oubliez jamais. Si je- souffre en silence. Vous devez m'imiler. Souvent une imprudence A causé bien des maux. Dans cette occasion Vous n'avez qu'un parti, c'est la discrétion. Allez , et si je peux ctoire -à votre prudence , Vous me la prouverez par votre obéissance.

^ ANGÉLIQUE

Si vous me l'ordonnez

Page 1